Spécial élections régionales : accord entre socialistes et Verts sauf en Bretagne

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Pour tenter de réaliser un carton plein dimanche prochain à l'issue du second tour des élections régionales, le Parti socialiste et Europe Écologie sont parvenus à un accord informel. Seul couac : la Bretagne. Selon les Verts, le président de région, le socialiste Jean-Yves Le Drian, a refusé de discuter avec la liste d'Europe-Ecologie. Dans deux autres régions, le PS n'a pas encore trouvé d'accord avec les autres partis de gauche.

Le Parti socialiste et Europe Ecologie partiront unis pour le second tour des élections régionales, sauf en Bretagne. Arrivées respectivement en première et troisième position lors du premier tour, les deux forces de gauche ont conclu lundi soir un accord en vue de fusionner leurs listes. "Nous allons continuer les discussions avec les autres partis de gauche, mais avec les Verts, les discussions sont terminées", a expliqué Claude Bartolone, le bras droit de Martine Aubry, la première secrétaire du PS.

Par ailleurs, Christophe Borgel, secrétaire national PS aux élections, a annoncé ce mardi midi que Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (Verts) et Marie-George Buffet (PCF) préparaient une "déclaration commune" sur les alliances de second tour.

Cécile Duflot a également confirmé ce mardi sur RTL qu'il y aurait "un accord partout sauf en Bretagne" avec le PS pour des listes communes au second tour. "Il n'y pas formellement un accord mais il y a l'aboutissement d'un travail en commun qui a permis de lever les difficultés dans la quasi-totalité des régions", a-t-elle précisé.

Mais elle a souligné qu'en Bretagne, "le président de région", le socialiste Jean-Yves Le Drian qui brigue un nouveau mandat, "a refusé de discuter avec la liste d'Europe-Ecologie".Ce dernier a selon elle déjà "fait imprimer ses bulletins pour le 2e tour". Les listes doivent être déposées avant 18 heures ce mardi. Ce désaccord ne devrait pas une forte incidence sur l'issue du scrutin sauf surprise. La liste socialiste menée par Jean-Yves Le Drian a en effet récolté 37% des voix au premier tour, loin devant les 24% de l'UMP et les 12% d'Europe Ecologie.

La gauche espère remporter les 22 régions métropolitaines. Il faudra pour cela notamment livrer une bataille très serrée en Alsace et parvenir à l'unité des listes en Corse, les deux seules régions pour l'instant contrôlées par l'UMP. Il faudra également rassembler les autres alliés, notamment le Front de Gauche (FG), crédité de 6% sur le plan national mais capable de se maintenir dans plusieurs régions.

Ainsi, les négociations bloquaient encore avec le FG dans le Nord-Pas-de-Calais et avec le FG et le Nouveau parti anticapitaliste dans le Limousin. Dans le Limousin par exemple, les négociations viennent d'être rompues entre le PS et la liste d'alliance Front de gauche-Parti de gauche-NPA conduite par Christian Audouin (PCF) et créditée de 13% des voix au premier tour. Même en cas d'échec, les Socialistes sont là aussi en position favorable, après avoir recueilli 38% des suffrages, et peuvent compter sur les voix des Verts (10%).

Nettement battue au premier tour, la majorité parlementaire se contenterait bien d'un statu quo. Elle devra cependant composer avec une réserve de voix faible, ainsi que de triangulaires avec le Front national dans douze régions.

Scrutin particulièrement indécis en Alsace

Pour éviter une débâcle, l'UMP mise surtout sur l'Alsace. Mais l'issue du second tour reste incertaine: arrivée en tête (35%) au premier tour, la liste menée par Philippe Richert est talonnée par les socialistes (Jacques Bigot, photo) et les Verts qui viennent de fusionner. A eux deux, ils ont recueilli 34,5% des suffrages. Bien qu'en repli, le FN (13,5%) va pouvoir se maintenir au second tour. Sous la barre des 5%, le Modem ne pourra pas fusionner. Le report de ses voix et celui des autres petites listes sera néanmoins la clé du scrutin.

Huchon vers un troisième mandat

Arrivé en deuxième position (25%), Jean-Paul Huchon semble en mesure d'obtenir un troisième mandat a la tête de la région Ile-de-France. S'il obtient le plus mauvais score pour un président socialiste sortant à l'échelle nationale (25%), il est parvenu à conserver une avance significative sur ses alliés d'Europe Ecologie (16,5%). Pour l'UMP et Valérie Pécresse, les espoirs de reconquérir la première région de France se sont évaporés. La ministre de l'Enseignement supérieur a recueilli 28% des suffrages mais ne dispose pas de réelles réserves de voix.

Ségolène Royal, un tremplin pour 2012 ?

Ségolène Royal voulait faire de ces régionales un tremplin vers l'élection présidentielle de 2012. Elle est bien partie pour y parvenir. Avec près de 40% au premier tour, elle obtient le deuxième meilleur score socialiste, derrière Martin Malvy en Midi-Pyrénées. En fusionnant avec les listes d'Europe Ecologie (12%), la présidente de la région Poitou-Charentes ne devrait pas rencontrer de soucis face à Dominique Bussereau au second tour (29,5%).

Georges Frêche triomphe, envers et contre tous

Georges Frêche restera bien le président de la région Languedoc-Roussillon. Malgré les polémiques nées de ses dérapages verbaux, l'ancien maire de Montpellier a totalisé 38% des suffrages au premier tour. Très loin devant la liste officielle du PS, menée par Hélène Mandroux (8%). L'UMP Raymond Couderc arrive en deuxième position (19,5%) et ne pourra donc pas compter sur la présence de deux listes de gauche au second tour. Le FN est en revanche parvenu à se maintenir, avec 12,5% des voix.

Jean-Marie Le Pen revient sur le devant de la scène

Avec plus de 20% des suffrages en Provence-Alpes-Côtes-d'Azur, Jean-Marie Le Pen et le FN ont signé un retour en force. Ils talonnent ainsi de près l'UMP et le PS (respectivement 26,5% et 26%). Comme lors des précédents scrutins, la triangulaire du second tour devrait permettre au socialiste Michelle Vauzelle de s'imposer. Il faudra pour cela fusionner ses listes avec celles d'Europe Écologie (11%), théoriquement en mesure de se maintenir.

Marine Le Pen tout près de l'UMP dans le Nord

Après avoir raté son pari à Hénin-Beaumont lors des municipales, Marine Le Pen s'est relancée en obtenant un bon score dans le Nord-Pas-de-Calais: avec 18% des voix, elle arrive tout juste derrière la liste UMP-Nouveau Centre de Valérie Létard (19%). Le sénateur socialiste Daniel Percheron est arrivé en tête, récoltant 29% des suffrages. Le Front de gauche du communiste Alain Bocquet et Europe Écologie ont dépassé le seuil des 10%, mais ne devraient pas se maintenir au second tour.

Les nationalistes corses à nouveau arbitres

Avec 28% des suffrages en cumulé, les deux listes nationalistes ont réalisé dimanche leur plus gros score historique. Ces derniers se placent donc plus que jamais en arbitre du second tour. La gauche (40% au total) espère bien surmonter ses divisions pour l'emporter (trois listes sont en mesure de se maintenir), et ainsi éviter de revivre la mésaventure de 2004. Quant à l'UMP, il termine en tête avec 21% des voix mais ne dispose d'aucune réserve de voix.

Le PS en ballottage favorable en Basse-Normandie

La Basse-Normandie, région traditionnellement à droite, était l'un des principaux espoirs de l'UMP. Après le premier tour, la mission s'annonce difficile. Jean-François Le Grand est arrivé en second position, avec près de 28% des voix. Il est devancé par le socialiste Laurent Beauvais (photo), avec 32,5% des voix. Europe Ecologie complète le podium (12%) et fera liste commune avec le PS au second tour. L'UMP devra pour sa part compter sur un bon report de voix des électeurs Modem et FN, qui ont terminé juste sous la barre des 10%.

Les espoirs de la droite s'amenuisent en Franche-Comté

Autre terre de droite tombée dans l'escarcelle socialiste en 2004, la Franche-Comté était l'une des régions que l'UMP espérait reconquérir. Bien qu'arrivé en tête (32%), Alain Joyandet semble en mauvaise posture. Le secrétaire d'Etat ne dispose en effet d'aucune réserve de voix alors que la liste FN va se maintenir (13%). La socialiste Marie-Guite Dufay, qui a rallié le MRC de Jean-Pierre Chevènement, est donc bien partie. Elle a récolté 30% des voix et pourra s'appuyer sur le score des Verts (9%) pour le second tour.

Hervé Novelli en passe de perdre son pari dans le Centre

Le secrétaire d'État au commerce comptait bien profiter du retrait du socialiste Michel Sapin pour récupérer la région Centre. Mais, après des premiers sondages prometteurs, l'UMP a marqué le pas. Hervé Novelli a finalement récolté 29% des voix, tout juste devant les 28% de la liste PS menée par François Bonneau. Mais ce dernier devrait profiter du report des voix d'Europe Écologie (12%). Le FN est parvenu à se maintenir au second tour (11%).

La Champagne-Ardenne resterait à gauche

Comme dans le Centre, la droite est en position défavorable en Champagne-Ardenne, qui a pourtant voté à près de 60% pour Nicolas Sarkozy en 2007. La liste UMP de Jean-Luc Warsmann (photo) est au coude-à-coude avec celle du socialiste sortant Jean-Paul Bachy (32% contre 31%). Mais le très gros score du FN (16%) complique la tâche de la majorité, d'autant que le PS va fusionner avec Europe Ecologie (8,5%).

Pas de reconquête en Pays de Loire

Battu en 2004, François Fillon s'est personnellement investi dans la campagne en Pays de Loire, pour soutenir le candidat UMP Christophe Béchu (photo). Ce dernier s'est allié avec le MPF de Philippe de Villiers et au centriste Jean Arthuis. Insuffisant cependant pour arriver en tête au premier tour: l'UMP est devancé par la liste PS du sortant Jacques Auxiette (34% contre 33%). En mesure de se maintenir (13,5%), Europe Écologie devrait fusionner avec les socialistes, qui peuvent en outre compter sur les voix du Front de Gauche (5%).

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Commentaires
a écrit le 17/03/2010 à 1:18 :
liberté égalité fraternité ???
liberté : pas mal
égalité : presque
fraternité: faut pas rêver

L'enchevêtrement des lois, des aides, des impôts et des politiques de beau parleurs.Tout ça forme une France dont la puanteur politique s'élève de tête aux pieds, il y aura toujours cette politique de partis ou les votes représentent une idéologie plutôt qu'un raisonnement pragmatique.Cela finissant systématiquement par créer des mesures sur d'autres, toute moins réactives qu'un système informatique dépassé .
Les mesures doivent êtres réfléchies et discutés mais elles doivent surtout prévoir et prévenir d'éventuels changements de situation néfastes, au-lieux de devoir mettre en route la machine législative sitôt que la boussole change de direction.La loi doit s'adapter d'elle même aux aléas de la vie économique et sociale.

La loi est si complexe et si fournie que je suis persuadé que malgré que nul n'est censé ignorer la loi (qui n'est pas enseignée a l'école) personne ne la connait vraiment.De nombreuses lois ne sont plus d'actualité,il faut compacter la loi, la rendre accessible a tous via internet et moteur de recherche dédié...

Des aides de tout types sont versés alors que les personnes ou entreprises recevant cette aide préfèrerait pouvoir s'en passer.Plus les loi/mesures sont nombres plus il faut dépenser d'argent pour les mettre en ?uvre et les faire respecter .

Du gâchis a tous les plan de la vie du pays, une organisation qui ne s'adapte pas, des personnes concernées qui ne sont pas écoutées, un système qui accumule les retard(plus on avance plus il faut adapter les lois qui sont dépassées de plus en plus vite, et plus ces lois sont nombres en raison de la diversification des cas traités par la loi.

En résumé c'est le bazars mais maman n'est pas là pour ranger.
a écrit le 16/03/2010 à 19:57 :
Le carton n'est pas encore plein ! La Martine ne connait pas encore la Bretagne.
Tout n'est pas permis Loin s'en faut .
Ici nous ne sommes pas sous l'administration de gens qui vendent leur pays (car si pour elle il semble demeurer que c'est toujours le sien , je crois qu'elle a changé de continent ...... et pour cause !!!!!).
Moi je lui dis simplement qui vivra verra et,
A dimanche prochain.
a écrit le 16/03/2010 à 14:36 :
Les votants verts ce sont fait rouler car vert veut dire rouge et rose. Il faut pas être daltomien pour élire un groupe politique car sa couleur change aprés le suffrage à bon antendeur salut! Et à la prochaine.
a écrit le 16/03/2010 à 14:27 :
Les régions socialistes- communistes sont gérées avec beaucoup de sérieux et il n' y a presque pas d' impôts ni de taxes. alors! Il faut les croire à ce qu'ils nous disent, ils sont tellement sincères et honnètes puisqu'ils nous mentent jamais ces politicars! ( Région IDF)
a écrit le 16/03/2010 à 9:28 :
La région Alsace, gérée par l'UMP, est la région qui a le plus augmenté les impôts. Avant de critiquer les autres il faut balayer devant sa porte.
a écrit le 16/03/2010 à 9:24 :
FAUT-IL CROIRE A L'ECOLOGIE POLITIQUE ?

Alors que se prépare le second tour des régionales, la webradio indépendante AWI www.awi1.com propose une chronique audio dans la quelle Patrick Gorgeon analyse le pouvoir politique de l'écologie et la prochaine réforme des collectivités territoriales.

Cat au-delà du taux d?abstention record de 53,3% qui illustre à la fois une réelle désaffection mais aussi le mécontentement de nombreux Français au regard de la politique et de l?art de gouverner, le premier tour des régionales révèle parfaitement l?influence que peut avoir le climat sur le comportement des électeurs.
Et le piètre résultat de ce premier tour d?élections soulève à mi-parcours plusieurs questions.

Les abstentionnistes sont-ils de droite ou de gauche ?
Ne faut-il pas s?inquiéter que le Font National remporte au final autant de suffrages (12%) qu? Europe-Ecologie ?
Qui sont ceux qui ont voté Europe Ecologie ?

Car si les Français croyaient vraiment aux vertes vertus dont Jean-Louis Borloo s?est fait l?un des avocats au sein de l?actuel gouvernement, ce mouvement aurait certainement largement détrôné le parti socialiste : une véritable écologie politique serait née.

Cette élection dont nous connaîtrons les derniers rebondissements au soir du deuxième tour peut elle fixer un cap qui suscite l?enthousiasme ? Rien n?est moins sûr.
Car les régions sont de jeunes pousses dont chacun reconnaît mal apprécier les réels pouvoirs et attributions.

Et c?est là que la réforme territoriale en projet - dont il a finalement été peu question au cours de la campagne pour les élections régionales - prend tout son sens.

Sans entrer dans le détail, ce projet a notamment pour objectif de fixer les principes permettant l?élaboration d?une future loi visant à clarifier la répartition des compétences entre les différents niveaux de collectivités territoriales.
Un grand ménage qui devrait mettre fin à l?enchevêtrement des responsabilités locales et clarifier les questions relatives aux financements.

Voilà pourquoi aujourd?hui de véritables projets d?écologie politique ou de politique écologique pouvaient retenir l?attention d?un large public. Car tout ce que demande les électeurs ce sont des projets concrets qui quelle que soit leur échelle : communale, départementale, régionale, nationale touchent aux fondamentaux que sont l?emploi, le logement, les conditions de vie.

Les priorités sont là et pas ailleurs : le tout étant de savoir si la vague capable de remporter l'adhésion des Français sera rose-verte ou bleue-verte.
a écrit le 16/03/2010 à 9:02 :
30% de 46,5% de votants ne font que 10% de français qui ont voté PS! aucun commentateur ne l'a dit!!! pauvre démocratie.....
a écrit le 16/03/2010 à 8:39 :
La France sera rouge et rose quel bonheur , tout sera gratuit, plus de chômage, une retraite confortable dés 60 ans, un bon pouvoir d'achat;
Tous les sans papiers seront régularisés, les assistés seront encore plus soutenus. Mais au fait les impôts eh bien ils seront beaucoup plus élevés, alors à nos poches comme d'habitude,mais ce n'est dit dans les programmes de nos politiques! A réfléchir pour dimanche prochain.
a écrit le 16/03/2010 à 7:16 :
je dénonce l'hypocrisie des Verts ! Sarkozy aurait - il promis un secrétariat d'état à Hascoet ?

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