Deux versions du populisme, interventionniste et individualiste

Par Pierre Lemieux, professeur associé, université du Québec en Outaouais. Il a publié "Somebody in charge : a solution to recessions ?", New York, Palgrave-Macmillan, 2011.
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L'Amérique est bien souvent différente de ce que les étrangers imaginent. L'élection présidentielle du 6 novembre en fournira encore des exemples. La campagne électorale officielle débutera lorsque le Parti républicain aura choisi son candidat à la suite des élections primaires. La première de ces primaires se tient aujourd'hui même dans l'Iowa. Cependant, la vraie campagne électorale a déjà été lancée autant par les candidats à l'investiture républicaine que par le président démocrate sortant, Barack Obama. À Osawatomie, dans l'État du Kansas, le 6 décembre dernier, celui-ci prononçait un discours dont plusieurs analystes croient qu'il donne le ton de sa campagne électorale. Le président des États-Unis y a défendu un populisme interventionniste qui constitue l'une des trames de l'histoire politique américaine. Invoquant l'héritage de Theodore Roosevelt, il a suggéré que ce président d'avant la Première Guerre mondiale avait commencé la construction d'un État providence américain deux décennies avant son cousin éloigné Franklin D. Roosevelt.

Dans son discours du Kansas, Barack Obama a fait la promotion notamment des dépenses publiques en éducation qui, États et collectivités locales compris, sont déjà plus élevées en Amérique que dans les principaux pays européens ? 17 % contre 11 % du PIB en 2007 selon l'OCDE. Le président a mené une charge contre la finance et les grandes banques, soutenant qu'elles sont responsables de la crise récente, un argument étrange quand on connaît le rôle du gouvernement fédéral américain dans l'immobilier résidentiel. Il a cherché à exciter la cupidité de la classe moyenne contre les riches qui, soutient-il, paient trop peu d'impôt sur le revenu. Pour un grand nombre d'Européens, sans doute, les propos d'Obama vont de soi. Mais pas pour une importante minorité, peut-être une majorité, d'Américains. Le président américain veut exploiter le ras-le-bol de la population. Ce mécontentement est cependant dirigé autant contre l'État que contre le marché, d'où la popularité du Tea Party. Entre le populisme interventionniste des Roosevelt et des Obama et le populisme plus individualiste qu'expriment certaines figures de proue républicaines, on observe une polarisation qui pourrait donner à l'élection de 2012 une place particulière dans l'histoire. Mais cela reste à voir.

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Commentaire 1
à écrit le 19/01/2012 à 10:06
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Les raisons du mécontentement américain sont à chercher dans l'excès de régulation, la mise en place de lois liberticides et son corrolaire, l'érosion des libertés individuelles, et surtout le crony-capitalism et le favoritisme syndical soutenu à cou...

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