Echec de l'OPA de Lafarge sur Blue Circle

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L'offre que le groupe français Lafarge avait lancée début février sur la totalité du capital de Blue Circle n'a pas recueilli la majorité des actions et est, par conséquent, "caduque", a annoncé mercredi le groupe. Lafarge avait lancé une OPA hostile de 6,1 milliards d'euros sur le cimentier britannique Blue Circle qui a toujours été farouchement combattue par la direction du groupe britannique. Lafarge offrait 450 pence pour le titre Blue Circle, soit un niveau situé dans le haut de la fourchette des derniers cours de bourse, valorisant le cimentier britannique à 6,1 milliards d'euros . Le français avait annoncé un relèvement de son offre annoncé le 19 avril sans parvenir à vaincre la résistance de Blue Circle dont la direction, dès le départ, s'est déclarée ouvertement hostile à l'arrivée de Lafarge dans son capital. Depuis près de trois mois, les dirigeants britanniques ont usé de toutes leurs armes pour repousser cette offre, multipliant les documents de défense et les perspectives alléchantes de bénéfices pour inciter leurs actionnaires à conserver leur titres. Pour séduire son actionnariat et les encourager à refuser l'offre française, Blue Circle a même promis de reverser à chaque actionnaire l'équivalent d'une livre par titre. Deux arguments principaux expliquent l'acharnement de la direction de Blue Circle. Elle juge, d'une part, que l'offre, même réévaluée, reste largement inférieure à la valeur du groupe compte tenu de ses perspectives de croissance et, d'autre part, elle estime que le maintien de son indépendance est une garantie de réussite. "Le succès de Blue Circle passe par son indépendance, la fusion de grands groupes dans ce secteur n'est pas créatrice de valeur, d'autant que Blue Circle a devant elle un énorme potentiel de croissance", a indiqué à plusieurs reprises Rick Haythornthwaite, directeur général de Blue Circle qui a fait un voyage à Paris pour expliquer sa position devant la presse française. Après une période mouvementée de diversifications malheureuses, la nouvelle direction de Blue Circle s'estime désormais capable de dégager d'excellents profits. Pour Lafarge, le prix proposé est largement créateur de valeur et constitue pour les actionnaires un "juste niveau", a expliqué encore la semaine dernière son PDG Bertrand Collomb. Pour le groupe français, l'achat de Blue Circle, qui emploie 20.000 salariés et a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros, aurait représenté son opération de croissance externe la plus importante. Cette acquisition lui permettrait de passer véritablement à la vitesse supérieure dans le secteur des matériaux de construction en pénétrant, via les positions de Blue Circle, certains marchés asiatiques et sud-américains (la Malaisie et le Chili notamment) dont il est actuellement absent.

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