Rechute de l’action Usinor

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L'action Usinor, dont le redressement était flagrant depuis la fin du mois d'avril, a connu un nouveau coup de déprime jeudi. Elle a fini la séance sur un recul de 2.25 % à 15.65 euros. Le groupe sidérurgique a pourtant publié, mercredi matin, un chiffre d'affaires en hausse de plus de 20 % au 1er trimestre de l'exercice 2000, à 4.026 milliards d'euros contre 3.247 milliards d'euros au 1er trimestre de l'année dernière. Pour Fabrice Théveneau, qui suit la valeur à la Société générale, il s'agit d'un phénomène commun à toutes les valeurs cycliques : " Depuis quelque temps, les actions de ces sociétés progressent fortement avant l'annonce d'un chiffre important, puis se replient peu après sa publication ". Pour Julien Onillon, du CCF Securities, le recul observé jeudi est seulement le résultat de prises de bénéfices sur l'action après sa progression des deux dernières semaines.Touchée de plein fouet par la crise des économies émergentes à la fin 1998, l'action était descendue sous les 10 euros, avant de se ressaisir en fin d'année à mesure que les perspectives d'activité de la société s'amélioraient. Malgré le récent regain d'intérêt des investisseurs pour Usinor, le titre reste aujourd'hui en repli de 25 % par rapport à son sommet de janvier 2000 (20.9 euros).Usinor bénéficie pourtant d'un environnement extrêmement porteur. L'embellie de la croissance économique mondiale favorise l'accroissement de la demande d'acier inoxydable et d'acier plat au carbone, les deux métiers principaux du groupe. Pour l'année 2000, Francis Mer, Président directeur général d'Usinor, compte sur une hausse de 3 à 4 % de la demande européenne d'acier plat au carbone (55 % du CA 99). La demande mondiale d'acier inoxydable (21 % du CA 99) devrait quant à elle croître de 6 à 7 %. Luc Pez, qui suit la valeur pour ING Barings, estime que les ventes d'acier inoxydable, seront en phase d'accélération jusqu'à la fin 2000, puis se maintiendront à un niveau élevé en 2001. " Les cycles des produits plats au carbone et de l'acier inoxydable, qui sont habituellement décalés, devraient être en phase au cours des prochains mois. Usinor, qui s'est recentré sur ces deux métiers en 1999, devrait donc bénéficier d'une conjoncture exceptionnelle ".Après avoir affiché une perte nette de 178 millions d'euros en 1999, le groupe sidérurgique devrait donc renouer avec les bénéfices en 2000. Le bénéfice net par action devrait atteindre 1.86 euros par action selon le dernier consensus publié par Thomson Financial/First Call, contre une perte de 0.73 euro en 1999. Usinor devrait également tirer parti de la faiblesse persistante de la monnaie unique contre la devise américaine, les prix de l'acier étant libellés en dollar. Pour ces raisons, Luc Pez estime que l'action a une valeur d'équilibre de 19.5 euros, ce qui représente un potentiel d'appréciation proche de 25 %.

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