In-Fusio lève 13,3 millions d'euros pour développer le jeu mobile

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Après un premier tour d'amorçage de 800.000 euros réalisé en septembre 1999, In-Fusio, entreprise spécialisée dans le développement de technologies de jeux pour téléphones portables, vient de boucler une nouvelle levée de fonds de 13,3 millions d'euros (87,2 millions de francs).Elle accueille ainsi à son capital des investisseurs de poids : outre Banexi Ventures, qui avait déjà participé au premier tour, In-Fusio compte désormais parmi ses actionnaires Partech et Viventures, deux des fonds les plus actifs du capital-risque français, également très présents à l'international. La partie n'était cependant pas gagnée d'avance : la société, qui a vu ses effectifs passer de cinq à cinquante personnes en un an "devait lever des fonds avant la fin octobre, reconnaît Giles Corbett, directeur exécutif. Mais le début de notre road-show auprès des investisseurs, en mai-juin, a coïncidé avec la prise de conscience de la réalité du WAP et de ses limites. Nous avons donc eu beaucoup de travail pour expliquer ce qu'est notre entreprise, et pour convaincre qu'elle n'est pas fondée sur du vent mais sur une activité réelle, des clients réels et des produits réels". L'explication a convaincu, et In-Fusio dispose donc aujourd'hui des moyens de ses ambitions. A commencer par celle d'imposer un standard mondial en matière de jeux sur portable. L'entreprise a développé une technologie baptisée ExEn, qui permet à l'utilisateur d'un téléphone mobile de télécharger rapidement de nouveaux jeux, qu'il peut ensuite utiliser seul mais aussi en se connectant au réseau auquel il est abonné. In-Fusio prévoit de rendre public le code source des interfaces d'ExEn, afin de favoriser son utilisation par les développeurs de jeux. "Nous n'arriverons pas seul à imposer un standard mondial, et c'est pourquoi nous avons choisi de normaliser les interfaces d'Exen, explique Giles Corbett. Mais nous comptons bien continuer à fournir nous-mêmes le meilleur service de jeux aux opérateurs : dans ce domaine, nous possédons plus d'expérience que quiconque". In-Fusio, qui a développé des jeux pour le WAP dès 1998, alors que la norme n'était pas encore disponible, commercialise principalement ses produits auprès des opérateurs (Itinéris, SFR, T-Mobil, Telefonica, ou encore l'australien Telstra et le hongkongais Sunday). Mais elle compte aussi parmi ses clients des portails dédiés (comme Vizzavi ou Terra) et des constructeurs de terminaux, comme Alcatel, Mitsubishi ou Trium, qui lui achètent des jeux "embarqués" sur leurs téléphones. L'entreprise, qui vise un chiffre d'affaires encore modeste cette année (une dizaine de millions de francs) vise la rentabilité dès le quatrième trimestre 2001. "Notre modèle économique est simple et facile à valider, assure Giles Corbett. Nos clients paient pour fournir un service aux abonnés. Notre cible principale n'est pas constituée des millions d'abonnés aux réseaux mobiles, mais des opérateurs, à qui nous vendons des services de jeux. Et elle compte un nombre restreint d'acteurs : 40 sociétés regroupent 55% des abonnés du monde. Pour autant, il est clair que, plus les abonnés jouent, plus nous encaissons de chiffre d'affaires". La rémunération d'In-Fusio est en effet basée, selon les contrats, sur le temps de connexion aux services de jeux, sur le nombre de parties jouées ou sur le nombre de joueurs actifs. La société affiche actuellement un rythme de 500.000 sessions par mois. Et rêve déjà une internationalisation à grande échelle. "Notre présence en Asie nous permet de préparer notre entrée sur le marché chinois, qui va devenir le premier marché mondial pour la téléphonie mobile", assure Giles Corbett. Au Japon, les choses sont plus difficiles, les investissements nécessaires pour entrer sur le marché étant très lourd. In-Fusio recherche donc des partenaires locaux avant de se lancer.

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