Un repreneur difficile pour Gigabell, première faillite du Neuer Markt

Les difficultés de financement et la méfiance des investisseurs n'auront donc rien épargné au fournisseur d'accès allemand Gigabell, première et retentissante faillite du Neuer Markt. Menacée d'être officiellement déclarée en cessation de paiements le 1er novembre, la société, ex-étoile montante du marché allemand des valeurs des croissance, a trouvé un repreneur qui, non content de signifier sa fin, l'a immédiatement dépecée. Et ne lui épargnera pas le déshonneur de l'insolvabilité. Saunalahti, un fournisseur d'accès finlandais, n'a en effet concédé qu'une reprise partielle de Gigabell : pour 5 millions d'euros, il reprend environ "150 employés et 60.000 clients", et encore, par le biais de sa filiale Jippii Gmbh, a annoncé lundi l'administrateur judiciaire Dirk Pfeil. L'accord comprend les activités de Gigabell dans la téléphonie et en tant que fournisseur d'accès à Internet, ainsi que les logiciels et le matériel liés à ces activités. En revanche, Saunalahti n'a pas pris de participation majoritaire dans le capital de la société, et ne reprend pas ses dettes évaluées par Dirk Pfeil à quelque 25 millions d'euros. Initialement, Jippii comptait reprendre 56% du capital à condition que Gigabell assainisse sa situation financière, selon un accord conditionnel signé avec Daniel David, principal actionnaire et président du directoire démissionnaire de Gigabell. "Les conditions n'ont pas été remplies", a commenté le groupe finlandais. Daniel David avait démissionné début octobre, laissant derrière lui selon M. Pfeil un véritable "chaos" dans la comptabilité de l'entreprise. Introduite en Bourse en août 1999 à 38 euros, l'action Gigabell avait atteint 131,56 euros au plus haut au mois de mars, avant d'entamer une lente descente aux enfers, marquée, en juillet, par la publication d'une étude de PricewaterhouseCoopers mentionnant son nom parmi ceux des sociétés menacées de voir rapidement leurs liquidités se tarir.L'action avait plongé de 66% en une seule séance, le 18 septembre, après l'annonce de l'ouverture d'une procédure pour insolvabilité. Gigabell y avait été contrainte par le report d'une aide financière de près de 48 millions de marks (22,5 millions d'euros), qu'elle escomptait de la part d'un investisseur dont l'identité n'a pas été révélée. Depuis lors, le titre était devenu très spéculatif, bondissant et rechutant au gré des rumeurs de reprise. Lundi, la cotation du titre a été interrompue en début de séance alors que le titre valait 7,40 euros.

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