AGF va lancer en France une banque par Internet en octobre 2000

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Résultat légèrement meilleur que prévu pour les AGF. Alors que le consensus tablait sur une croissance de 26% de leur résultat net, l'assureur a dégagé un bénéfice net 32,5% à 666,8 millions d'euros contre 503,3 millions d'euros en 1998. Le chiffre d'affaires 1999 a progressé de 7,7%, à 13,46 milliards d'euros (88,3 milliards de francs). Le groupe, racheté par l'Allemand Allianz il y a deux ans, a bénéficié d'une " forte croissance des assurances collectives en France et de son activité vie hors France ainsi que du développement rapide de l'activité d'assurance crédit hors de France ", précisent les dirigeants de l'entreprise. Ce qui permet à l'assureur d'afficher un retour sur fonds propres s'est établi en 1999 à 12,1%, atteignant son objectif pour 2000 avec un an d'avance, ce "en dépit de l'impact des tempêtes de fin d'année qui auront pesé pour 165 millions d'euros avant impôt sur les comptes finaux d'AGF", relève le groupe qui table désormais sur un retour sur fonds propres de 15% d'ici 2002.Le groupe a aussi annoncé le lancement en octobre d'une banque par Internet, qui vise un objectif de 600.000 clients fin 2003. Baptisée provisoirement I-banque, elle sera accessible à tous, et pas seulement aux clients des AGF, par Internet, par téléphone, par WAP (téléphonie mobile) ou par télévision interactive. Cette banque proposera des comptes courants, moyens de paiement, comptes rémunérés, des services de courtage en ligne, des produits d'épargne et des crédits. Il s'agira de produits AGF et de produits proposés par d'autres institutions avec lesquelles AGF aura conclu des partenariats, a indiqué Philippe Toussaint, responsable du projet. AGF estime pouvoir atteindre une part de marché de 5 à 10% de l'ensemble de internautes qui auront un compte de banque directe au plus tard fin 2003. A cette date, ceux-ci pourraient être au nombre de un à trois millions en France, selon M. Toussaint. AGF veut conquérir 250.000 clients en dix-huit mois. L'offre sera proposée par les réseaux des AGF, soit 3.000 agents généraux et 4.500 salariés. AGF prévoit un investissement de 100 millions d'euros sur trois ans et compte atteindre le point mort au cours de 2003. Malheureusement, ces bonnes performances peinent à se concrétiser sur le plan boursier. Certes, les investisseurs réagissaient bien à cette annonce, l'action s'appréciant de 1,25% à 52,6 euros, mais depuis le 1er janvier dernier, le cours de Bourse des AGF a baissé de 2,5%, alors que, au niveau européen, la performance du secteur de l'assurance égal celle des indices globaux - l'Euro Stoxx 50 a gagné 8% environ contre 7% pour l'indice des assureurs du Vieux Continent.Pour un analyste parisien, " le cours est toujours paralysé par les arbitrages entre le titre et le certificat de valeur garantie (CVG) ", émis lors de l'opération menée par Allianz. Celui-ci est exerçable début juin, à un cours égal à la somme pondérée par les volumes des cours de Bourse d'ouverture de l'action AGF, sur les 30 jours précédents le premier juin 2000, soit le 17 avril. Le fait qu'Allianz détienne désormais la majorité du capital des AGF (51,5%) explique aussi le manque d'intérêt des investisseurs pour la valeur. Enfin, la hausse des taux longs a aussi pesé sur le cours des assureurs des deux côtés de l'Atlantique. Pourtant, les analystes sont optimistes en ce qui concerne les fondamentaux des AGF : " les effets bénéfiques de la fusion largement entamée vont apparaître pleinement dès cette année, tant commercialement que financièrement, écrivent les analystes d'Aurel Leven dans une étude. Commercialement, poursuivent-ils, la réorganisation par canal de distribution et l'unification des produits vont favoriser la redynamisation des réseaux traditionnels. Financièrement, les AGF vont réaliser en France 185 millions d'euros de synergies avant impôts en 2000 ". Les experts de la société de Bourse s'attendent à ce que les bénéfices par action progressent ainsi de 14% par an entre 1998 et 2004, un chiffre crédible si l'on en croit les AGF qui ont pour objectif de réaliser une croissance annuelle à deux chiffres de leur bénéfice par action d'ici 2002. La société, qui se paie 13 fois ses bénéfices estimés pour l'année en cours, apparaît donc décotée pour de nombreux observateurs.

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