Le point sur ... la stratégie d’investis- sement

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Les marchés actions européens sont entrés dans une phase de correction depuis près de deux semaines. Comment expliquez vous ce retournement de tendance après une rentrée sur les chapeaux de roue ?L'explication est double. Les places européennes subissent tout d'abord le contrecoup du recul des marchés actions américains. Outre-Atlantique, les investisseurs s'inquiètent de façon croissante de la révision à la baisse des perspectives de profits, tant dans la nouvelle économie que dans les secteurs plus traditionnels. Autre facteur d'inquiétude, les prix élevés du pétrole ont un double effet négatif. Ils se traduisent tout d'abord par une augmentation des coûts de production des entreprises. Ils relancent ensuite les tensions inflationnistes, notamment en Europe où ils se conjuguent à la dépréciation de la monnaie unique. Conséquence, la Banque centrale européenne risque de durcir sa politique monétaire, ce qui pourrait déboucher sur un tassement de la croissance économique dans la zone euro. Autant de menaces qui pèsent sur les marchés actions européens ... Sur le plan des perspectives, tous les scénarios sont aujourd'hui conditionnés par l'évolution des prix du brut. A la Société Générale, nous pensons que les cours vont significativement se détendre dans les prochains mois, pour atteindre 26 dollars en moyenne au 4ème trimestre [NDLR : le baril de Brent cotait 33,55 dollars ce jeudi soir]. Les craintes liées à l'impact négatif des prix du pétrole sur les profits devraient donc se révéler infondées, et permettre un rebond de marchés actions. Autres facteurs favorables, le ralentissement en douceur de l'économie américaine et les perspectives macro-économiques solides de la zone euro devraient soutenir les cours. Ce « cocktail » devrait favoriser un taux de croissance de 15% par an des profits en Europe au cours des deux prochains exercices.Les cycles économiques restent désynchronisés en Europe. Quelles zones d'investissement privilégiez vous ?Nous sur-pondérons aujourd'hui deux pays en Europe. L'Allemagne, tout d'abord, a le potentiel pour rattraper son retard économique sur les autres pays de l'Union économique et monétaire. A ce titre, le récent déclin de l'indice Ifo ne nous inquiète pas outre mesure : cet indice reste à un niveau historiquement élevé et d'autres indicateurs économiques restent bien orientés (exportations, ventes au détail, ...). Les marchés actions allemands devraient par ailleurs tirer parti des réformes structurelles engagées par le gouvernement Schröder, notamment sur les dossiers de la fiscalité et des retraites. Le marché britannique nous semble également décoté, même si nous nourrissons quelques inquiétudes après les « profit warnings » publiés par plusieurs sociétés. Londres devrait toutefois bénéficier de perspectives rassurantes en termes de taux d'intérêt : alors que la BCE reste fermement engagée dans un cycle de resserrement monétaire, les hausses de taux arrivent à leur terme en Angleterre. La prudence est toutefois de mise après les mauvaises nouvelles provenant d'entreprises telles qu'Invensys ou Rolls-Royce, qui ont averti les milieux financiers qu'elles n'atteindraient pas leurs objectifs de résultats.Pour conclure, quels secteurs d'activité sur-pondérez vous Nous mettons aujourd'hui l'accent sur les valeurs cycliques dans un sens large. Sous ce terme, nous regroupons aussi bien les valeurs minières, la compagnie Rio Tinto par exemple, que les valeurs technologiques. Pour ces dernières, nous sommes sensibles au fait que les révisions de profits restent toujours orientées à la hausse. Par ailleurs, dans ces marchés extrêmement dépendants de la conjoncture américaine, la confirmation de l'atterrissage en douceur des Etats-Unis renforce notre message positif à moyen terme sur le secteur. Dans le secteur des télécommunications, nous sommes neutres sur les opérateurs historiques et sur-pondérés sur les « pure players » de la téléphonie mobile, à savoir Vodafone et Telecom Italia Mobile en Europe. Nous approchons du terme de l'attribution des licences UMTS en Europe, processus qui a entraîné des révisions massives à la baisse sur les perspectives de profit. Le momentum pourrait donc s'améliorer dans les prochains mois.

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