Le point sur ... la conjoncture économique

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La flambée du pétrole constitue-t-elle un risque pour l'économie mondiale ?Les tensions croissantes observées au Proche-Orient ont fait resurgir, sur les marchés boursiers, le spectre des crises pétrolières de 1973 et 1990. Dans les deux cas, la flambée du prix du brut avait entraîné un ralentissement durable de l'économie mondiale. La situation actuelle ne peut toutefois pas être assimilée à ces épisodes historiques. Rien ne laisse supposer, comme ce fut le cas en 1973, que les pays exportateurs de pétrole vont sciemment fermer les vannes. Au contraire, ils manifestent une volonté de coopération avec les pays consommateurs, afin d'éviter un contre-choc du type de celui observé en 1986. La situation est également distincte de ce qu'elle était en 1990/1991, quand la guerre du Golfe avait fait naître un vrai risque pour la circulation du pétrole dans la zone. Il est en effet peu probable que les conflits dans les territoires autonomes débouchent sur un blocage du Golfe Persique et remettent en cause l'approvisionnement des pays consommateurs.Craignez vous un ralentissement américain plus brutal que généralement prévu ?Le ralentissement sera progressif, caractérisé par une décrue des investissements dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Il n'en constitue pas moins un risque pour la première économie mondiale. Associé à un marché du travail toujours tendu, la décélération de l'activité dans le secteur des TMT pourrait se traduire par un pincement des marges des sociétés, et une révision à la baisse de leurs perspectives de profits. La Réserve fédérale se trouverait alors face à un dilemme : relever ses taux risquerait d'accélérer cette première récession technologique ; les baisser renforcerait les tensions inflationnistes issues du ralentissement des gains de productivité. Ce scénario est rendu plus problématique par l'existence d'un déficit abyssal de la balance courante des Etats-Unis. Si celui-ci est aujourd'hui parfaitement financé par les entrées de capitaux étrangers, les difficultés des sociétés américaines pourraient provoquer un inversement des flux financiers. Au risque de voir le dollar lourdement chuter sur le marché des changes.Dans ce contexte, la zone euro ne fait-elle pas figure de havre de paix ?L'évolution récente des taux de change montre que les marchés financiers doutent encore de l'économie européenne. L'euro n'a pas réussi à capitaliser sur la récente faiblesse des actions américaines car l'environnement monétaire reste incertain dans l'Union économique et monétaire. Alors que les Etats-Unis sont probablement entrés dans un période prolongée de statu quo, la Banque centrale européenne a montré sa volonté de combattre tout regain inflationniste. Au risque de casser la croissance économique, craignent les investisseurs. Résultat, l'euro est aujourd'hui revenu à ses plus bas niveaux depuis l'intervention concertée des banques centrales, le 22 septembre dernier.

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