Le point sur...la stratégie d'investis- sement

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La Banque Centrale Européenne (BCE) a créé la surprise hier en relevant d'un quart de points de base son taux refi. Comment avez-vous accueilli la nouvelle et quel impact cette hausse des taux risque-t-elle d'avoir sur la croissance en Europe?Si la décision de la BCE a peut être constitué une surprise au niveau du "timing", le relèvement des taux d'intérêts n'en est pas une. Nous nous attendions à une hausse des taux de 50 points de base d'ici la fin de l'année. Cette décision montre bien que la politique de resserrement monétaire conduite par la BCE n'est pas arrivée à son terme. En revanche, cette phase a bel et bien pris fin aux Etats-Unis. En effet, la politique de relèvement des taux initiée par la Fed il y a plus d'un an porte ses fruits. L'économie américaine s'est bien engagée dans une phase de ralentissement comme l'atteste notamment le recul de l'indice NAPM -enquête auprès des directeurs d'achat de l'industrie américaine- en baisse depuis septembre 1999. Devant la multiplication des signes de ralentissement de la croissance américaine, nous pensons d'ailleurs que la Fed pourrait infléchir sa politique monétaire et pratiquer une baisse des taux dès l'an prochain. Finalement le contexte dans lequel nous nous trouvons actuellement est celui d'un ralentissement de la croissance tant aux Etats-Unis qu'en Europe d'ailleurs. Dans la zone euro, les indicateurs économiques montrent bien que le pic de croissance est désormais derrière nous. En Allemagne, l'indice Ifo mesurant la confiance des industriels baisse depuis trois mois. L'indice Insee sur les perspectives générales de la production recule également.Dans ces conditions, quels sont vos objectif de croissance pour l'année prochaine en Europe et aux Etats-Unis?Nous nous attendons à un ralentissement marqué aux Etats-Unis et tablons sur un taux de croissance pour 2001 de 2,8%, en deça du consensus qui l'estime plutôt autour de 3,5%. Attention, il ne s'agit pas d'une récession mais bien d'un atterrissage en douceur. En Europe, notre analyse est la suivante. Il s'est produit cette année un changement de "policy-mix": la BCE a durci sa politique monétaire et la majorité des membres de l'Union Européenne assouplissent leur politique budgétaire, par le biais d'une baisse des impôts et dans le cas de l'Allemagne par une réforme fiscale. Or, un tel dosage de la politique économique est sans doute le meilleur pour soutenir l'euro et ce, d'autant plus que l'écart des taux de croissance en Europe et aux Etats-Unis se resserre. De ce changement de politique économique, nous attendons une modification de la structure de la croissance l'an prochain en Europe. Celle-ci devrait en effet être tirée par la consommation des ménages, dopée par les allègements fiscaux, et moins par les exportations, du fait du rebond de l'euro et du ralentissement américain. Compte tenu de tous ces éléments, notre prévision de croissance pour la zone euro en 2001 est de 2,8% également.Quelle est votre stratégie d'allocation d'actifs au sein de la zone euro?Nous menons une stratégie défensive et sommes neutres dans notre arbitrage actions contre produits de taux. En réalité, au début de l'année, nous étions sous-pondérés en actions compte tenu du resserrement monétaire et des niveaux de valorisation stratosphériques des TMT (Technologie Médias Télécoms). Nous sommes passés à neutre cet été. Nous restons prudents car les valorisations des valeurs de la nouvelle économie restent tendues et, comme je l'évoquais, rien n'exclut un nouveau resserrement monétaire de la part de la BCE. Nous sommes donc sur-pondérés sur les valeurs défensives comme les biens de consommation non cycliques (pharmacie, alimentation), les services aux collectivités, la distribution alimentaire, les valeurs pharmaceutiques et les valeurs bancaires. Bien entendu, nous sous-pondérons les TMT et toutes les valeurs cycliques. Enfin, nous surpondérons le pétrole. Il s'agit là d'un petit risque que nous prenons, nous pourrions pâtir du ralentissement de la demande mondiale ou d'une hausse éventuelle de la production, mais nous pensons que les valorisations sont conservatrices aux niveaux actuels.

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