Le point sur ... la stratégie d'investissement.

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Les propos récents d'Alan Greenspan préparant les investisseurs à une nouvelle hausse des taux ne semblent pas inquiéter outre mesure les marchés. Mercredi, le Nasdaq a atteint un nouveau record. Comment analysez-vous ces mouvements de marché ? Même s'il y a un contraste entre les valeurs technologiques et les cycliques, si on fait la somme des capitalisations boursières, on arrive à peu près à zéro. Le Dow Jones n'a rien fait depuis un an. Ce qui devrait d'ailleurs inciter les entreprises américaines à calmer les rachats de leurs propres titres. La bonne tenue des marchés des valeurs technologiques a créé une euphorie sur laquelle les hausses de taux courts n'ont pas ou peu de prise. Le Nasdaq court-circuite la politique monétaire. Le message d'Alan Greenspan est qu'il va falloir aller plus loin dans les hausses de taux que si l'euphorie était inexistante. Mais il ne craint pas un retour de l'inflation. Ce qu'il craint, c'est un endettement de l'économie qui n'est pas sain. La croissance est aujourd'hui financée par la dette, ce qui fait peser des risques sur sa durée. Le problème de Greenspan est de pérenniser la croissance. Huit actions du CAC 40 ont chuté de plus de 20% depuis le début de l'année, alors que l'indice a progressé de 4% environ sur la même période. Cette dichotomie entre les valeurs technologiques et les autres, plus traditionnelles, vous paraît-elle dangereuse ? Les entreprises liées aux nouvelles technologies recrutent en ce moment beaucoup de capital, très facilement. Et donc, mécaniquement, les actions " traditionnelles " chutent. Toutefois, le risque du marché est plus à moyen terme qu'à court terme. Seul un facteur macro-économique exogène pourrait avoir un effet négatif sur les niveaux du marché. Car, à court terme, tant que la croissance est forte et sans inflation, il n'y a pas d'inquiétudes à avoir. Le seul danger pourrait donc être une hausse de taux trop forte, de part et d'autre de l'Atlantique, qui mettrait en danger la croissance économique. Le danger ne viendra probablement pas d'annonces concernant les valeurs technologiques. Microsoft a déjà publié un profit warning en 1999, et la capitalisation boursière d'AOL a été divisée par deux depuis sa fusion avec Time Warner, et tout ça, sans effet sur le marché. Dans ces conditions, les valeurs cycliques vous paraissent-elles un bon investissement ? Il n'y a rien à gagner à acheter aujourd'hui des valeurs cycliques. L'accélération de la croissance mondiale est derrière nous - d'ailleurs, aux Etats-Unis, la courbe des taux s'inverse - et, les valeurs cycliques progressent fortement en phase d'accélération de la croissance. Si l'économie ralentit, elle seront les premières touchées. Et en 2000, la croissance mondiale ne sera pas supérieure à celle de 1999. Même si elles sont chères, les valeurs technologiques sont plus attractives. Mais pas les sites Internet ou les portails. Je privilégie les fabricants d'infrastructures, comme Thomson Multimédia, Sagem ou Ingenico, qui gagneront de l'argent quels que soient les résultats des sites Internet.

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