Le point sur... les stratégies d’investissements

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Les obligations profitent, depuis plusieurs jours, de la fébrilité des Bourses. Est-ce le moment d'initier un retour vers les marchés obligataires ?Il est trop tôt pour amorcer un retour massif sur ces marchés. Certes, les obligations se sont récemment renchéries, dans le sillage de la dépentification des courbes des taux de part et d'autre de l'Atlantique. Toutefois, cette tendance est largement conditionnée aux opérations de rachat de la dette publique par le Trésor américain. Fondamentalement, les marchés obligataires restent pénalisés par les incertitudes sur l'évolution des taux courts à moyenne échéance. Si plusieurs nouveaux gestes de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale sont déjà intégrés dans les cours, l'ensemble des indicateurs statistiques attendus dans les mois à venir sont défavorables aux marchés de taux. Ainsi, les obligations européennes ne se sont récemment renchéries que grâce à l'influence technique positive de la dépentification de la courbe des taux américaine. Aucune raison domestique ne l'explique. Mieux vaut par conséquent attendre la clarification des perspectives de politique monétaire avant d'initier un retour durable vers les obligations.Le retour constaté des investisseurs vers les valeurs cycliques au détriment des titres de la « nouvelle économie » est-il, selon vous, durable ?La chute des valeurs cyclique était jusqu'à présent une aberration incompatible avec l'embellie générale de la conjoncture mondiale. L'arbitrage actuel et salutaire vis-à-vis de l'économie classique peut donc encore se prolonger, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les valeurs technologiques ont aussi leur cyclicité. Aux Etats-Unis, le rally des valeurs de télécommunication atteint souvent son sommet vers le mois de mars, lors de la publication des résultats. Par ailleurs, les marchés d'action américaines, qui dictent largement la tendance en Europe, pâtissent depuis le quatrième trimestre 1999, phénomène nouveau, de sorties nettes de capitaux. On assiste même sur certains secteurs de la « nouvelle économie », tels que l'internet B to C, d'une surabondance de l'offre de papiers, scénario inverse de celui constaté aujourd'hui en Europe. Ajouté au ralentissement des rachats d'action de la part des entreprises, désormais trop endettées pour continuer de ramasser leurs propres titres sur le marché secondaire, l'essor des émissions devrait freiner la progression de la Bourse, Nasdaq en tête. Enfin, la baisse récente des valeurs technologiques américaines réduit l'essor de l'effet de richesse dénoncé par Alan Greenspan. D'où un soutien à la politique monétaire, qui pourrait in fine s'avérer moins restrictive que prévu. Un scénario favorable au premier chef aux valeurs de l'ancienne économie, plus sensibles aux taux d'intérêts.Quelle est votre stratégie d'allocation d'actifs pour le reste de l'année ?Pour toutes ces raisons, nous privilégions toujours une légère sous-exposition sur les obligations. En être dépourvu serait une erreur car ces titres continuent d'offrir un rendement et leur potentiel de dépréciation devrait être limité. Parallèlement, si la Bourse pourrait connaître un essor moins important cette année qu'il ne l'a été en 1999, la hausse des marchés d'actions devrait, pour les raisons déjà citées, être plus équitable.

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