Le point sur ... la stratégie d’investissement

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La volatilité semble de retour sur les marchés actions, notamment dans le secteur des technologies/médias/télécommunications. Comment l'expliquez vous et cela a-t-il un impact sur la stratégie d'investissement d'Oddo Pinatton ?« Si nous constatons effectivement une certaine tension sur la volatilité des cours, celle-ci reste largement inférieure à ce que les marchés ont connu au cours de mois de mars ou d'avril. La plupart du temps, les fluctuations des cours sont d'ailleurs justifiées par la publication des chiffres d'affaires ou résultats semestriels de sociétés. Nous ne nous en inquiétons donc pas outre mesure. « Les marchés continuent également de s'interroger sur la forme que prendra le ralentissement de l'économie américaine. Les investisseurs sont tiraillés entre deux craintes : celle d'une poursuite de la hausse des taux d'intérêt par la Fed et celle d'un ralentissement violent de l'économie américaine. « Nous pensons que le ralentissement américain va prochainement se matérialiser et qu'il se fera en douceur. Il devrait provoquer une baisse relativement uniforme du taux de croissance de l'activité des sociétés. Dans ce contexte, les investisseurs pourraient revenir se positionner sur les valeurs cycliques, qui ont été délaissées depuis le début de l'année dans la crainte d'un atterrissage en catastrophe de l'économie américaine. »Face aux incertitudes des marchés actions, les placements obligataires continuent de bien se comporter. Existe-t-il encore un potentiel d'appréciation sur cette catégorie d'actifs ?« Les taux longs sont particulièrement sensibles aux anticipations d'inflation. Or, nous anticipons un tassement progressif de la hausse des prix à la consommation à mesure que les effets de l'augmentation du prix de l'énergie se réduiront. « Le ralentissement progressif de l'économie américaine devrait constituer un autre facteur de soutien aux marchés obligataires. Nous pensons donc que les emprunts à long terme disposent aujourd'hui encore d'un bon potentiel d'appréciation, même s'ils sont proches de leurs plus hauts niveaux de l'année. »L'euro n'en finit plus de baisser contre le yen et le dollar. Cela a-t-il un impact sur les marchés actions européens ?« Les conséquences de la baisse de l'euro sont ambivalentes pour les marchés actions européens : en renforçant la compétitivité des sociétés exportatrices, elle donne lieu à une révision à la hausse des perspectives de profits ; elle fait cependant peser un risque de change sur les investissements étrangers réalisés dans la zone euro, ce qui pourrait se traduire par une accélération des flux de capitaux. « Globalement, ces deux effets ont plutôt été passés sous silence par les marchés actions européens. Les sociétés traditionnellement sensibles à l'appréciation du dollar - je pense notamment à Michelin, Schneider Electric ou Saint-Gobain en France - n'ont pas tiré parti de la baisse de la monnaie unique en raison des craintes liées au ralentissement de l'économie américaine. Dans l'autre sens, la dépréciation de l'euro ne s'est pas traduite par une explosion des sorties de capitaux, car elle s'est faite progressivement, sans crise de confiance excessive. « Industriellement, nous considérons en tout cas que cette baisse de la devise européenne est positive pour les sociétés du Vieux Continent. Nous nous méfions toutefois des excès en la matière : une nouvelle chute de l'euro pourrait inciter la BCE à relever ses taux de façon plus agressive, au détriment des marchés actions. »

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