Le point sur... les valeurs du CAC 40

 |  | 568 mots
Lecture 3 min.
Le marché est resté insensible aux annonces de bons résultats de beaucoup de sociétés cycliques de la cote. La décorrélation entre la valorisation boursière de ces entreprises et leurs fondamentaux est-elle, selon vous, durable ?Sur la base des instruments traditionnels de valorisation, la quasi-totalité des valeurs liées à la « nouvelle économie » est surévaluée. Seuls quelques groupes au socle industriel solide, comme Vivendi, font exception à la règle. Au cœur de ce déséquilibre, les investisseurs misent sur des progressions d'activité, sans égard pour la rentabilité future. D'ailleurs, le secteur de la « nouvelle économie », qui représente 45 % de la capitalisation du CAC 40, ne draine que 16 % des bénéfices attendus des entreprises de l'indice en 1999 et 2000, et seulement 18 % en 2001. Résultat, les multiples moyens de ce secteur doivent diminuer. Pour autant, ce dégonflement risque de ne pas s'accompagner d'un rétrécissement significatif et immédiat des écarts de valorisation entre « l'ancienne » et la « nouvelle » économie. Cette correction pourrait générer une onde de choc, qui pénalisera mécaniquement l'ensemble de la cote, valeurs classique comprises. D'autant que la capitalisation relative des valeurs traditionnelles est trop faible pour compenser une chute des cours des titres de la « nouvelle économie ». Un redémarrage ultérieur plus équitable de la cote est à ce prix.Le profit warning d'Atos, lundi, a handicapé l'ensemble des SSII, Cap Gemini en tête. Jugez-vous cet amalgame justifié ?Le profit warning d'Atos a deux causes déjà connues et intégrées dans les cours, l'impact du passage en 2000 et les 35 heures, et une propre, l'alourdissement des perspectives d'investissement en vue de pérenniser l'expertise de la SSII dans le commerce électronique. La véritable raison du décrochage de la valeur s'explique par ce troisième aspect, les marchés réalisant brutalement le coût de la constitution d'un savoir-faire dans la « nouvelle économie ». Pour autant, si ce constat peut toucher l'ensemble des valeurs équivalentes de la cote, l'amalgame n'est pas justifié. Les problèmes du passage en 2000 et des 35 heures ont déjà été largement commentés et quantifiés chez Cap Gemini. Par ailleurs, le rapprochement avec la branche conseil d'Ernst & Young confèrent à ce dernier groupe un positionnement particulier. Certes positionné sur des créneaux communs avec d'autres SSII domestiques, Cap Gemini est le seul véhicule européen coté pour jouer le conseil informatique avec une dimension mondiale.L'annonce des stratégies internet de la plupart des grandes banques françaises sera-t-elle suffisante pour corriger la sous-valorisation du secteur bancaire de l'Hexagone vis-à-vis du reste de l'Europe ?La désaffection pour le secteur bancaire touche l'ensemble de l'Europe, Sud excepté. Certains établissement espagnols et italiens font en effet preuve d'un dynamisme impressionnant dans la consolidation de leurs systèmes nationaux et dans l'e-banking. Et c'est justement sur ces deux points que les banques françaises sont aujourd'hui à la traîne. Les investisseurs gardent ainsi une impression d'inachevé qui les rend insensibles aux fondamentaux. Les annonces de résultats en forte hausse de la plupart des établissements sont en effet passées complètement inaperçues sur les marchés. Pour s'en sortir, une solution, faire la preuve que les banques de l'Hexagone sont capables de se restructurer à une échelle européenne et qu'elles n'ont rien à envier à leurs homologues d'Europe du Sud en matière d'e-banking.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :