Le point sur ... la gestion collective

Etes-vous confiant dans l'évolution des marchés obligataires européens au cours des prochains mois ? « Les marchés obligataires européens évoluent depuis plusieurs mois dans des marges réduites. Le rendement de l'OAT française à 10 ans a par exemple fluctué avec constance autour du seuil des 5,40%, illustrant l'absence de thématique forte dans l'esprit des investisseurs. Cette situation est tout à fait différente de ce que nous avions connu en 1998 et 1999, années marquées sucessivement par une forte baisse, puis une forte progression des taux longs. « Cette absence de direction sur les marchés obligataires européens s'explique par les facteurs contradictoires agissant sur les anticipations des opérateurs. D'un côté, ceux-ci redoutent que le reprise économique européenne, ainsi que la hausse des prix du pétrole, débouche sur un renforcement des tensions inflationnistes dans l'Union économique et monétaire, ce qui aurait un impact négatif sur les placements obligataires. A contrario, des facteurs techniques soutiennent ces placements, à commencer par la perspective de réduction de l'endettement public des pays de la zone grâce aux recettes tirées de la vente des licences UMTS. Les Etats européens bénéficient également d'un accroissement rapide de leurs recettes fiscales, dû à l'accélération de la croissance économique. Dans ces conditions, l'offre de titres de dette publique devrait se réduire lors des prochaines années, ce qui soutient les cours. « Nous considérons aujourd'hui que les marchés obligataires européens devraient connaître une évolution modérément positive dans les prochaines semaines, sans que les rendements sortent cependant des marges de fluctuations observées depuis quelques mois. Nous nous sommes par exemple positionnés sur des contrats « Bund » (obligations d'Etat allemande à dix ans) après la publication outre-Rhin d'une série de statistiques économiques décevantes, qui éloignent la perspective d'un retour de l'inflation. « A plus long terme, cependant, les taux d'intérêt européens devraient rester sur un trend haussier, en raison notamment des nouveaux resserrements monétaires attendus de la part de la Banque centrale européenne. »Comment expliquez vous la réduction de l'écart de taux d'intérêt à long terme entre les emprunts d'Etat européens et leurs homologues américains ?« Les rendements des T-Bond à 10 ans et à 30 ans ont effectivement connu une évolution très positive ces derniers temps. Je vois plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, le statu quo de la Fed, mardi, a rassuré les marchés sur les perspectives de politique monétaire. Ensuite, les investisseurs continuent d'accorder une confiance extrêmement forte dans la devise américaine, ce dont profitent les placement obligataires Outre-Atlantique. Enfin, le gouvernement poursuit le programme de rachat de la dette fédérale, ce qui pourrait se traduire par un effacement totale de la dette publique américaine à horizon 2012. « Ceci étant dit, nous pensons que les emprunts d'Etat américains sont aujourd'hui très chers et qu'il est plus intéressant de privilégier les titres émis par les agences, qui présentent des garanties de solvabilité proches. Il est ainsi possible de se procurer des rendements supérieurs de 70 à 80 points de base supérieurs sur des échéances de 2 ans. »Dans un contexte d'aplatissement de la courbe des taux, quelles maturités faut-il privilégier ?« Nous privilégions les emprunts à long terme pour deux raisons. D'une part, ils constituent la zone naturelle d'investissement pour les portefeuilles que nous gérons. Ensuite, ils sont moins susceptibles de subir les conséquences de nouvelles hausses de leurs taux directeurs par les banques centrales. »

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