Le point sur la stratégie d'investissement

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Le dollar a résisté aussi bien à la correction des marchés américains qu'à l'aggravation du déficit commercial US. Un investissement sur les marchés américains est-il immunisé contre le risque de change ? Les chiffres de l'inflation américaine comme le nouveau record du déficit commercial plaident en faveur d'un affaiblissement du dollar. Mais plusieurs facteurs expliquent la fermeté de la devise américaine. Tout d'abord le marché américain continue sans doute d'offrir le meilleur couple rendement/risque au moins à court/moyen terme. Ensuite, le dollar bénéficie incontestablement du mouvement de fusions-acquisitions d'entreprises américaines par des entreprises européennes. Enfin, la « cacophonie » européenne n'encourage pas les investisseurs asiatiques - y compris les banques centrales - déjà échaudés par la faiblesse chronique de la devise européenne depuis sa création à en détenir. Sans doute regrettent-ils même le niveau d'exposition qu'ils ont pris sur l'euro... L'ampleur du déficit commercial américain doit aussi être relativisée. Les chiffres du commerce extérieur sont inquiétants depuis des années. Et, en termes relatifs, il n'est pas certain que ce problème soit plus préoccupant qu'il ne l'était il y a une dizaine ou une quinzaine d'années. Certes, le déficit en montant absolu a augmenté mais la taille de l'économie américaine est elle aussi sans commune... En termes relatifs, le problème du déficit commercial américain n'est donc pas beaucoup plus préoccupant que depuis les dix ou quinze dernières années. La vigueur du dollar comme le déficit commercial reflète le décalage conjoncturel entre les Etats-Unis et les reste du monde, notamment l'Europe. Ce décalage a vocation à se résorber mais peut-être moins rapidement que nous ne l'envisagions il y a encore quelques mois. Nous avons revu en baisse nos perspectives sur l'euro. Nous tablons sur un euro à 0,95 contre dollar en juin contre une précédente prévision à 1 ,1. De même nous tablons désormais sur un euro à 1,02 en décembre contre 1.06 précédemment. Recommandez-vous aujourd'hui de surpondérer le marché américain ? Par rapport à notre allocation d'actifs type nous recommandons de sous pondérer le marché américain. Nous considérons en effet que le marché américain est cher. Même après la récente correction le Nasdaq comme les valeurs traditionnelles restent chers. Ceci étant dit, il faut toujours être investi sur le marché américain et la récente correction a permis de retrouver des niveaux d'entrée sur certaines valeurs technologiques, surtout dans une optique d'investissement à moyen terme.Les niveaux de valorisation atteints sur le marché américain doivent aussi être relativisé au regard de l'ampleur de la rupture technologique que nous traversons. A titre d'exemple, le montant des données que chaque fibre optique transporte a été multiplié par 2000 depuis cinq ans et nous ne sommes qu'à 10% du potentiel. Il y avait 3 millions de sites internet en 1993, il y en aura 200 millions en 2001. Le "business to business" passera de 45 milliards de dollars en 1998 à 1.200 milliards en 2001, soit un multiple de 25... De tels taux de croissance justifient des niveaux de valorisation qui peuvent sembler extravagants. Les marchés américains ne devraient toutefois pas repartir en flèche et je ne crois pas que cette année sera une très grande année en termes de performance des indices. Certes, les résultats trimestriels annoncés par les sociétés cotées américaines sont excellents et dans 80% des cas dépassent les estimations des analystes. Mais les investisseurs vont sans doute attendre qu'ils soient confirmés par d'aussi bons semestriels. Quels sont aujourd'hui les marchés que vous recommandez de surpondérer ? Par rapport à notre allocation de référence nous recommandons de surpondérer l'Europe et le Japon. Pour l'Europe, cette recomandation est motivée par l'accélération de la croissance avec un risque moindre de résurgence de l'inflation qu'aux Etats-Unis et par l'impact attendu de la révolution technologique sur un marché européen unifié grâce à l'euro et dont la taille est plus importante que celle du marché américain. Pour le Japon, sur notre conviction qu'après 10 ans de marasme, l'issue offerte par la déréglementation et l'ouverture à la concurrence internationale finira par s'imposer.

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