Le point sur ... la stratégie d’investis- sement

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Les marchés américains sont fébriles, affectés par les « profit warnings » de plusieurs vedettes de la cote. Est-il temps de se désengager de ce marché pour ses recentrer sur l'Europe ?Les investisseurs américains continuent aujourd'hui de corriger les excès d'optimisme commis plus tôt dans l'année, notamment sur les valeurs de la nouvelle économie. Nous ne croyons pas, toutefois, à un effondrement des marchés actions outre-Atlantique. Malgré le ralentissement progressif de la croissance, nous anticipons une hausse du PIB de 3,4% en 2001, un rythme qui reste élevé par rapport à la tendance historique des Etats-Unis. Autre facteur positif, nous estimons que la Réserve fédérale est aujourd'hui entrée dans une phase de statu quo qui pourrait se prolonger jusqu'à la fin de l'année 2001. Les craintes de hausse des taux constitueront donc un souci de moins pour les investisseurs. Ceci dit, nous sur-pondérons effectivement la zone euro dans nos derniers schémas d'allocation d'actifs. Le taux de croissance des profits y est très élevé, notamment en France où nous attendons une hausse de 20% par an en 2000 et 2001. Le entreprises du CAC 40 se paient aujourd'hui 24 fois leurs bénéfices 2001, alors que nous pensons que les niveaux d'équilibre sont plutôt aux alentours de 26 fois. Ce qui laisse une bonne marge d'appréciation pour l'indice, qui pourrait revenir au niveau des 7.000 points à la fin de l'année, et atteindre les 7.600 points d'ici un an.Ne craignez vous pas que les effets conjugués de la hausse du pétrole et de la dégringolade de l'euro incitent les banques centrales à relever brutalement leurs taux d'intérêt, notamment dans l'Union économique et monétaire ?Dans notre scénario central, nous tablons effectivement sur un baril toujours cher en 2001, de l'ordre de 32 dollars en moyenne, et sur un euro aux alentours de 0,90 dollar. Nous ne voyons toutefois pas de déséquilibres irrationnels dans ces deux évolutions, qui reflètent bien les fondamentaux de chacun de ces marchés. Pour le marché pétrolier, la progression de l'offre est insuffisante pour faire face à une demande tirée par la coordination des cycles dans les grandes zones de l'économie mondiale. La faiblesse de l'euro est elle aussi structurelle, liée à des sorties nettes de capitaux de l'Union économique et monétaire vers les Etats-Unis. Face à ces deux phénomènes, un relèvement de leurs taux d'intérêt par les banques centrales apparaît de peu d'utilité, notamment en Europe où cela pourrait remettre en cause la poursuite de la reprise. Tant que l'indice de base des prix à la consommation (hors énergie et alimentation) ne dépasse pas les niveaux actuels - de l'ordre de 1,3% pour la zone euro et de 2,4% pour les Etats-Unis - nous n'anticipons pas de durcissement agressif des politiques monétaires. Seule une réactivation de la boucle prix/salaires pourrait les amener à réagir, mais rien n'accrédite aujourd'hui cette hypothèse.Face à des marchés actions difficiles, les placements obligataires ne retrouvent-ils pas tout leur intérêt ?Certes, les placements en obligations voient leurs pondérations augmenter par rapport aux recommandations passées, mais nous continuons à privilégier les actions. Une raison à cela : la flambée du brut va brider la croissance dans les principales économies industrialisées, freinant les programmes de rachat de dette aux Etats-Unis et la baisse des émissions nettes en Europe. C'est pourquoi nous pensons que les taux longs vont légèrement se tendre dans les prochains mois. Nous tablons sur un rendement du T-Bond à 10 ans de 6% d'ici 6 mois, contre 5,85% aujourd'hui. Même constat pour le rendement du Bund allemand, qui devrait s'élever de 20 points de base pour atteindre 5,50%. Géographiquement, nous privilégions les obligations américaines à leurs homologues européennes et japonaise, car les Etats-Unis dégagent aujourd'hui un excédent budgétaire structurel, ce qui n'est pas le cas des autres zones.

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