Le point sur ... les valeurs du CAC 40

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Comment jugez vous la première batterie de résultats et de chiffres d'affaires publiée par les sociétés du CAC 40 pour le deuxième trimestre de l'année en cours ?« Le bilan est relativement contrasté pour l'instant. Certaines sociétés ont déçu, comme Michelin, Valéo ou Renault, ce qui s'est traduit par une sanction sévère du marché boursier. D'autres ont publié des chiffres meilleurs qu'attendus, comme Alcatel, Thomson Multimédia ou Groupe Danone, ce qui leur a permis de rebondir en bourse. « Remarquons toutefois que même les entreprises dont les performances ont été inférieures aux attentes se sont adjugées une hausse confortable de leur chiffre d'affaires. Michelin a par exemple enregistré des ventes supérieures de 13,7% au 1er semestre 2000 à ce qu'elles étaient sur la période correspondante de l'année dernière. Les inquiétudes du marché portent plutôt sur la réduction des marges de ces sociétés. « Il est toutefois encore trop tôt pour rendre un verdict définitif sur la saison des résultats. Les boursiers attendent notamment avec une certaine appréhension les comptes des opérateurs de télécommunications, qui ont été au centre des incertitudes des milieux financiers au cours des dernière semaines. Nous sommes heureusement loins des sommets atteints par ces valeurs en début d'année, ce qui limite leur potentiel de baisse. »Etes-vous optimiste sur l'évolution de l'indice parisien d'ici la fin de l'année ?« L'indice CAC 40 a connu un début d'année positif, avec une progression légèrement supérieure à 10%. Il a d'ailleurs surperformé la plupart des autres indices européens. Cette hausse est très convenable dans une perspective historique, même si elle est largement en deçà de la progression enregistrée en 1999. « Sur les prochains mois, nous sommes modérément positifs. L'indice, qui est enfermé depuis deux mois entre 6.400 et 6.600 points, pourrait partir à l'assaut des 6.800 points, voire des 7.000 points, d'ici la fin de l'année. Ce rebond serait toutefois rendu plus aisé si le Nasdaq s'orientait plus clairement à la hausse dans les prochains mois. Malgré leur baisse, les valeurs du secteur des TMT représentent encore aujourd'hui environ 35% de la capitalisation de l'indice. « Pour cela, il faudrait également que le climat reste favorable sur le front des taux longs, un dérapage étant toujours possible si les tensions inflationnistes s'avéraient supérieures aux anticipations. »Les valeurs technologiques restent relativement volatiles, notamment dans le secteur des télécommunications. Quels sont selon vous les meilleurs opportunités aux cours actuels ?« Je pense qu'il faut actuellement savoir faire preuve d'audace sur les valeurs du secteur des TMT. C'est pourquoi je retiens deux titres qui ont sévèrement corrigé, pour essayer de bénéficier du meilleur potentiel de rebond. Premier pari, l'opérateur de télécommunications Equant me semble intéressant aux alentours de 40 euros. La société a publié lundi soir des résultats en ligne avec les attentes des analystes et les mauvaises nouvelles semblent aujourd'hui derrière nous. Après avoir perdu plus de 60% depuis le début de l'année, Equant serait parfaitement à même de bénéficier d'un retour en grâce des valeurs télécommunications. Autre atout, le rachat de la société est toujours évoqué de façon récurrente sur le marché financier. « Mon second pari concerne Vivendi, qui a beaucoup souffert de la défiance des investisseurs à l'égard de la stratégie de Jean-Marie Messier dans les médias. Ces inquiétudes ne justifient toutefois pas, selon moi, la correction connue par la valeur depuis l'annonce du rapprochement avec Seagram et Canal+. Les orientations du groupe devraient rapidement se clarifier, et le titre s'apprécier. « La prudence impose toutefois d'équilibrer ces paris avec d'autres investissements. Je conseille par exemple de rester positionné sur Alcatel malgré la très forte hausse du titre. Il pourrait également être astucieux de se renforcer sur une éventuelle consolidation du titre. France Télécom peut également jouer le rôle de valeur de fond de portefeuille dans le secteur des TMT ».Les valeurs traditionnelles, qui avaient baissé de concert au cours des premiers mois de l'année, connaissent depuis des parcours boursiers très hétérogènes. Comment l'expliquez vous et quelles sont vos valeurs préférées dans ce secteur ?« Le marché a en effet arbitré, au cours des derniers mois, en faveur des valeurs défensives et contre les valeurs cycliques. C'est pourquoi des secteurs tels que la pharmacie, l'agroalimentaire ou la banque, qui sont assez peu sensibles à un ralentissement de la croissance, ont été très recherchés par les investisseurs, dans un climat où les TMT sentaient un peu le souffre. « Les valeurs cycliques ont par contre éprouvé beaucoup de difficultés à rebondir. Cela est d'ailleurs un peu étonnant car la conjoncture mondiale, et notamment européenne, reste très bien orientée. Tout se passe finalement comme si les milieux financiers anticipaient un ralentissement prochain de la croissance économique. Or, cette hypothèse, envisageable pour le continent américain, est relativement peu probable pour les pays de la zone euro. Cela ne s'est toutefois pas traduit par une déconnexion des valeurs cycliques aux Etats-Unis et en Europe. Deux explications à cela : les investisseurs anglo-saxons ont probablement raisonné en termes globaux, se désengageant aussi bien des marchés américain et britannique que des marchés de la zone euro ; les cycliques ont ensuite souffert de la hausse des prix pétroliers, car elles sont positionnées sur des secteurs d'activité (bâtiment, chimie, automobile, ...) gourmands en énergie. « A l'heure actuelle, nous pensons qu'il est temps de se renforcer sur ces valeurs cycliques, qui sont sous-valorisées. Nous apprécions notamment Air Liquide, qui a publié un bon chiffre d'affaires au 1er semestre, Lafarge, qui est en forte baisse depuis le début de l'année, ou Total Fina Elf, dont le résultat annuel devrait être tiré par la progression des prix du pétrole et par la dépréciation de l'euro contre le dollar. Nous sommes par contre réservés sur le secteur des équipementiers automobiles, soumis à des pressions importantes sur leurs marges, et nous préférons Peugeot à Renault en tant que constructeur. »

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