B. Le Chevallier (CPR Finance) : "Le CAC 40 va rebondir"

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Quelles conclusions tirez-vous du repli boursier des marchés actions que nous connaissons actuellement, notamment du plongeon de Paris en deça des 6000 points?Un repli boursier était prévisible car le mois d'octobre est traditionnellement faible. D'ailleurs, lorsque l'objectif d'un CAC à 7000 points pour la fin de l'année a été évoqué, nous nous attendions à une correction en octobre. Mais il est vrai que nous n'anticipions pas un recul d'une telle ampleur.A ce titre, les tensions en Palestine jouent un rôle très important. Nouveau facteur de hausse pour les prix du pétrole, ces tensions politiques exacerbent l'inquiétude des investisseurs, et ce, d'autant plus que c'est bien le regain des prix énergétiques qui est à l'origine du ralentissement de la croissance et du fait que le haut de cycle, même en Europe, est désormais derrière nous. Etes-vous de ceux qui pensent que la réaction des marchés actions européens au recul du Nasdaq est exagérée ?Il est vrai que la situation en Europe est très différente de celle des Etats-Unis. Nous n'avons pas atteint en Europe les niveaux de valorisation extrêmes des marchés américains. De plus, hormis quelques cas isolés, nous ne connaissons pas une avalanche de profit-warnings comme c'est actuellement le cas outre-Atlantique. Les grandes entreprises se portent bien, je m'attends notamment à ce qu'Alcatel publie de très bons chiffres pour le troisième trimestre. A mon avis, le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et la baisse du dollar constituent le vrai problème auquel l'Europe pourrait avoir à faire face en 2001.Certains analystes pensent que la rupture du seuil des 5.960 points pourrait provoquer une nouvelle correction du CAC 40 jusqu'à 5.700 points. Etes-vous de cet avis? Peut-on néanmoins envisager un rebond prochain de l'indice parisien?Il y aura un rebond du CAC 40, c'est certain. Ne serait-ce qu'un rebond technique que j'attends très prochainement. La psychologie des marchés se joue bien souvent à la marge. Ainsi, il suffirait que les tensions politiques au Proche-Orient s'apaisent pour que l'indice reparte à la hausse. En outre, l'on assiste traditionnellement au retour des flux financiers sur les marchés actions en novembre.Pour toutes ces raisons, je pense que l'indice peut reprendre 10% assez vite et l'on peut tout à fait envisager un CAC à 6.800 ou 6.900 points pour la fin de l'année. Finalement, quel est l'impact de la situation boursière actuelle sur votre stratégie d'investissement et d'allocation d'actifs?Nous sommes évidemment plus défensifs. Nous menons notamment une stratégie "value" sur les actions en nous concentrant sur les fondamentaux des sociétés. Nous augmentons également la pondération des portefeuilles en obligations.Enfin je pense qu'il conviendrait de s'intéresser plus avant aux marchés émergents. Depuis la crise de 1998, les marchés actions ont baissé, les valorisations se sont détendues. Qui plus est, ces pays, le Brésil et le Mexique notamment, présentent désormais des économies assainies. Or, les marchés actions ne reflètent pas encore ces progrès. Il existe donc là-bas un très bon potentiel de hausse et il faut en profiter.

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