Le point sur ... les valeurs du CAC 40

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En tant qu'adepte de la gestion dite " value ", comment appréciez-vous la hausse des valeurs technologiques françaises ? Sans remettre en cause les fondements de la révolution Internet, Les valorisations des entreprises qui s'introduisent actuellement au nouveau marché sont complètement délirantes et d'autres, comme celles des opérateurs de télécommunications par exemple, sont fortement exagérées. Le PE 2000 moyen du marché est de 27, mais celui de la dizaine de valeurs technologiques du CAC 40 est de 35 et celui des 30 autres est d'à peine 17. 20% des bénéfices des entreprises du CAC 40 proviennent des valeurs technologiques mais ces dernières représentent 50% de la capitalisation de l'indice. Le marché ne regarde plus l'évaluation des sociétés mais attend les effets d'annonces favorables. Pour nous, qui voulons faire la différence entre le prix d'une entreprise qui varie à la Bourse et sa valeur intrinsèque, qui est nettement moins variable dans le temps, c'est usant en ce moment. Notre critère - le prix - n'intéresse pas le marché. Mais le marché va tourner. A la fin 1998, les investisseurs s'attendaient à ce que la moitié des banques fassent faillite après la crise asiatique. Il suffisait de regarder leur bilan et leur exposition dans ces pays pour savoir que cela ne serait pas le cas. C'était un marché favorable à la gestion " value ".Quelle attitude ont les investisseurs vis à vis de votre style de gestion ? Commercialement, cela ne nous nuit pas, en tout cas pas aujourd'hui. Car, à partir du moment où nous restons cohérents en proposant un produit " 100% value " et que nos clients savent ce qu'ils achètent, nous apparaissons comme une alternative pour les investisseurs institutionnels. Nous avons décidé de rester sur une politique de niche et de ne pas nous disperser. Par exemple, notre portefeuille ne comporte pas d'actions France Telecom, que nous jugeons surévalué. Les valeurs liées à la " nouvelle économie " tendent à peser de plus en plus dans l'indice. Comment surmontez-vous ce problème ? Dans les classements, nous apparaissons aux côtés de fonds indicés sur le CAC 40, mais nous devrions être plus proches du MSCI " value ". Toutefois, il est difficile de créer une catégorie dans laquelle nous serions les seuls. Reste que nous ne sommes pas indifférents à la pondération d'une valeur dans un indice. Si nous avons une forte conviction sur une valeur qui pèse lourd dans l'indice - comme Alcatel, par exemple, la seule valeur technologique dont l'évaluation n'est pas indécente -, nous pouvons la surpondérer fortement. Alcatel pèse environ 5% du CAC et le fonds comprend 8% d'actions Alcatel. A l'inverse, nous pouvons aussi nous écarter de cette pondération : nous n'avons plus de ST Microelectronics en portefeuille. Nos plus fortes pondérations, en dehors d'Alcatel, sont TotalFina, et la BNP. L'arrivée d'Internet secouera les banques qui vont devoir s'adapter. Mais la BNP-Paribas est désormais un groupe de dimension européenne qui se paie seulement 1,7 fois sa valeur d'actif, contre 4 fois pour certaines banques Espagnoles. Alors que BNP-Paribas enregistre un rendement des fonds propres de 15% qui n'est pas simplement un coup réussi sur les marchés l'an passé. Il s'agit d'une rentabilité récurrente. On peut donc accepter de payer sans problème 2,5 fois la valeur d'actif, et 14 fois les résultats 2000. Actuellement, le PE 2000 est de 9. La banque est manifestement sous-évaluée.

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