Le point sur ... les valeurs du CAC40

 |  | 1098 mots
L'indice vedette de la Bourse de Paris a connu un parcours chahuté depuis le début de l'année. Quel regard portez vous sur ce premier semestre ?« En début d'année, les analystes et les investisseurs se sont emballés pour les valeurs du secteur des TMT, provoquant une explosion des niveaux de valorisation. Celle-ci était justifiée, estimaient-ils, par les perspectives de croissance rapide de l'activité de ces sociétés. « On sait ce qu'il advint ensuite : un krach a suivi l'envolée, provoquant un certain traumatisme sur les marchés actions. Les investisseurs ont perdu confiance dans les valeurs de la Nouvelle économie, ce qui les a incité à se reporter vers les sociétés plus traditionnelles. « Nous nous trouvons aujourd'hui dans un marché dénué de thématique. Les valeurs de l'ancienne économie continuent de souffrir de leurs niveaux de croissance peu attrayants et le secteur des TMT d'un manque de visibilité. Un retour des capitaux vers les valeurs de croissance est toutefois envisageable si les chiffres d'affaires et résultats du deuxième trimestre sont de bonne qualité. « A l'heure actuelle, cependant, les gérants gardent pour la plupart des niveaux de liquidité très élevés. Ils hésitent d'autant plus à investir que le niveau de valorisation de la bourse française paraît élevé par rapport aux autres places européennes. « Il est donc difficile de dégager des perspectives précises sur l'évolution du marché français des grosses capitalisations. Les investisseurs doivent également tenir compte des incertitudes existant sur l'orientation des politiques monétaires des grandes banques centrales. Une nouvelle hausse des taux courts rendrait évidemment les placements actions moins intéressants, et pourrait déprimer les cours. »L'entrée en bourse d'EADS s'est faite dans la douleur, et la demande de titres Vivendi Environnement semble plus faible qu'escompté. Est-ce la conséquence d'un assèchement des liquidités sur le marché français, et cela constitue-t-il un risque pour Wanadoo ?« Il existe probablement un assèchement progressif du marché. Les gérants ont été très sollicités depuis le début de l'année, du fait notamment des nombreux appels au marché réalisés par les entreprises du secteur des TMT. Or, on demande aujourd'hui aux investisseurs de remettre la main à la poche pour financer des projets dont l'attrait n'est pas toujours évident. EADS, par exemple, pâtit de son statut de consortium multinational, dans un contexte où les actionnaires recherchent un maximum de simplicité. « Vivendi Environnement est pour sa part positionné sur un secteur d'activité peu attirant et le groupe souffre d'un niveau d'endettement élevé. Cette dernière opération me semble cependant proposée à un prix attrayant, même s'il est à craindre que Jean-Marie Messier cherche à utiliser Vivendi Environnement comme vache à lait pour financer le développement de ses activités médias. « L'introduction de Wanadoo, enfin, devrait très bien se passer. France Télécom peut notamment compter sur une forte demande des particuliers en raison de la popularité de la marque Wanadoo. Ensuite, les mises sur le marché des grands fournisseurs européens de services internet - T-Online, Terra Networks, Tiscali - se sont toutes passées dans de bonnes conditions. « Il est à craindre, toutefois, que les investisseurs sortent très rapidement de la valeur comme cela a souvent été le cas lors de l'introduction en bourse des « dot com ». Le marché éprouve en effet des difficultés à se faire une idée précise de la valorisation de ces sociétés dans un contexte marqué par un perpétuel changement. »LVMH a vécu mardi une séance mouvementée après la publication de son chiffre d'affaires au 1er semestre 2000. Que pensez-vous de la valeur ?« Le titre LVMH a effectivement été marqué par une grande nervosité au cours de cette séance. Après une ouverture en forte progression, le titre s'est soudainement effondré en raison des commentaires défavorables de certains analystes financiers. Il a toutefois fini la séance sur une hausse confortable de plus de deux pourcent. « Cette évolution chahutée témoigne en fait de la nervosité actuelle du marché boursier, qui est prêt à réagir très violemment à des nouvelles qui n'ont pas forcément d'impact clair sur les perspectives de résultats. Les investisseurs ne sont d'ailleurs pas les seuls à sur-réagir : les analystes cherchent toujours à passer les premiers à la vente afin d'éviter de subir l'effondrement des cours qui suit souvent une dégradation de notation. C'est le paradoxe issu du statut des banques d'affaires, qui font à la fois office de conseil pour les investisseurs et de gérant d'actifs pour leur propre compte. « En dehors de ces éléments conjoncturels, je suis très positif sur LVMH. Les ventes en Asie repartent sur les chapeaux de roue et toutes les lignes de produits (vins et spiritueux, bagagerie, parfums, ...) se portent bien. Par ailleurs, la participation détenue dans Gucci ne constitue pas un problème pour le groupe de luxe. Soit LVMH cède sa part et il empoche alors une substantielle plus-value, soit il reste actionnaire d'une société qui affiche de toute façon de bons résultats financiers. « N'oublions pas enfin que LVMH est leader mondial dans le domaine du luxe, ce qui justifie une prime sur le titre. Or, la valeur se paye aujourd'hui 50 fois ses bénéfices 2000 alors qu'elle présente un taux de croissance de son chiffre d'affaires de l'ordre de 20 à 25%. Rien ne justifie donc, à l'heure actuelle, de passer à la vente sur ce titre. »Quelles autres valeurs appréciez-vous aujourd'hui au sein de l'indice CAC40 ?« Vivendi constitue un très bon placement aux cours actuels. L'action s'est en effet effondrée de 25% depuis l'annonce du rachat du canadien Seagram et je pense que la société est aujourd'hui sous-valorisée de 15 à 20%. « Le titre Schneider Electric est également très bon marché. Depuis le début de l'année, il affiche un recul de près de 10% malgré des perspectives de résultats en hausse. « Accor, enfin, est en train de passer des alliances internationales qui devraient lui permettre de maximiser les revenus issus de son réseau hôtelier. Ensuite, Accor devrait bénéficier à plein des investissements qui sont aujourd'hui réalisés dans l'internet. En tant que numéro un européen et numéro deux mondial, le groupe hôtelier a le potentiel pour développer l'un des portails de référence en matière d'hébergement. J'ai un objectif de cours de 55 euros sur cette valeur. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :