Le point sur ... les small caps

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A quels développements stratégiques vous attendez-vous dans le futur dans le secteur des SSII spécialisées dans les nouvelles technologies de l'information ? Pendant de nombreuses années, les SSII ont travaillé simplement avec les directions informatiques de leurs clients. Puis, les projets informatiques sont passés du niveau de " l'intendance " à un niveau réellement stratégique pour l'entreprise. Ainsi, elles se sont adressées aux directions générales pour définir les projets informatiques. Aujourd'hui, l'Internet et le commerce électronique obligent une multitude de services à se mettre en relation : le graphisme, le marketing pour vendre les produits sur le web, les services commerciaux. Actuellement, seules les web agencies sont capables de s'adresser à ses services en même temps, de fournir une prestation globale, de par la souplesse de leur organisation et leurs compétences. C'est pourquoi elles sont plébiscitées par le marché. Sur le web, les clients veulent une réaction rapide de la part du concepteur du site : il s'agit d'affirmer une présence sur le web en trois ou quatre mois parfois, quitte à refaire une nouvelle version du site par la suite. Les web agencies bousculent donc le modèle classique des SSII, qui sont obligées de répondre en créant des filiales spécialisées dans l'e-business, comme l'a fait Transiciel. D'autres comme GFI Informatique préfèrent n'apporter que les solutions techniques et sous-traiter les compétences marketing à d'autres intervenants extérieurs. Mais, étant données les valorisations des web agencies - la capitalisation boursière de Fi System représente près de 2 milliards d'euros -, les SSII traditionnelles n'ont pas les moyens de les racheter. Elles vont donc être obligées de développer ces compétences en interne, dans des entités autonomes en capitalisant sur leurs connaissances techniques. Il ne faut d'ailleurs pas les enterrer trop vite, l'Internet n'impliquant pas forcément des techniques ultra-modernes. Du côté des web agencies, celles-ci ont la possibilité de racheter d'autres sociétés, dont la plupart ne sont pas cotées, en offrant leurs actions en échange. Les cibles auront des compétences différentes de celles du prédateur, mais complémentaires. Il peut s'agir d'agences en communication interactive, à l'instar de ce qu'a fait US Web CKS en acquérant Whittman-Hart, ou d'autres SSII plus spécialisées dans un domaine particulier des nouvelles technologies. Il y a deux façons de devenir une web agency : partir de l'informatique comme Fi System ou partir de la communication, comme Icon Medialab. Les sociétés informatiques du Nouveau marché vont-elles être capables de soutenir une croissance assez élevée pour justifier de tels niveaux de valorisation ? Tout d'abord, sur le plan boursier, l'essentiel de la hausse est derrière nous. Car aujourd'hui, les web agencies sont le seul vecteur d'investissement dans l'Internet en Europe. La pénurie de titre a participé à la hausse. Aux Etats-Unis, à l'inverse, les investisseurs ont le choix et font des arbitrages entre les SSII, les éditeurs de logiciels et les portails. Chose impossible actuellement en Europe puisque ces deux derniers secteurs ne sont pas cotés. Mais, au cours des prochains mois, des éditeurs de logiciels vont arriver sur le marché, et les Européens vont pouvoir arbitrer. Ils seront plus sélectifs au fil des mois. Aujourd'hui, selon mes calculs, étant données les valorisations, ce qu'anticipe le marché, c'est qu'une web agencies comme Fi System obtienne la taille de actuelle de Cap Gemini en 20 ans alors que Cap Gemini a mis 30 ans pour l'atteindre. C'est ambitieux mais possible puisque l'utilisation de l'Internet croît beaucoup plus vite que celles de toutes les autres technologies. Le problème c'est qu'il n'y a que deux ou trois sociétés de la taille de Cap Gemini en Europe et que toutes les web agencies françaises sont valorisées de la même façon ou presque. Le marché les joue aujourd'hui toutes gagnantes alors qu'il y aura peu d'élues et beaucoup de perdantes. Les valorisations des éditeurs de logiciels sont-elles encore plus élevées ? Une start-up américaine, Autonomy, cotée sur l'Easdaq, est aujourd'hui valorisée 115 fois son chiffre d'affaires estimé pour l'an 2000. Elle conçoit des logiciels de gestion de connaissance, des moteurs de recherche intelligents en quelque sorte. Intershop est un autre exemple. A Paris, les éditeurs de logiciels sont des sociétés qui n'ont fait qu'adapter à l'Internet de " vieux " logiciels, comme Business Objects qui se paie 16 fois son chiffre d'affaires 2000, ou Access Commerce. Mais l'arrivée de sociétés comme Imediation, qui conçoit des logiciels de gestion des relations commerciales et de vente sur Internet, et qui compte s'introduire au Nouveau Marché cette année, va changer les choses. Son activité est 100% web. Les éditeurs de logiciels sont incontournables pour créer un site web. La gestion de plates-formes de commerce électronique business to business est appelée à exploser. Le commerce électronique entre entreprises devrait représenter 80% de l'e-business en 2003. La gestion logistique est aussi indispensable. Autre sujet dont vont devoir se préoccuper les entreprises à terme, la sécurité. Avec l'affaires des " hackers " américains, le marché s'est d'ailleurs très vite positionné sur ce segment.

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