Le point sur ... les valeurs du CAC 40

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Les grandes valeurs françaises résistent plutôt bien à la succession de " profit warnings " aux Etats-Unis. Wall Street a-t-il perdu une partie de son impact sur la Bourse de Paris ?Je pense au contraire que la Bourse de Paris a été sérieusement affectée par le nouvel accès de faiblesse des marchés actions américains. Alors que l'indice CAC 40 a tutoyé les 7.000 points au début du mois, nous sommes aujourd'hui revenu à 6.300 points, ce qui montre que les chutes d'Intel ou de Cisco ont fait mal aux marchés européens. La logique sectorielle prévaut dans l'esprit des investisseurs, ce qui explique qu'un " profit warning " d'Intel entraîne la chute de STMicroelectronics à Paris. Il n'est donc pas encore possible de parler de déconnexion des marchés actions des deux côtés de l'Atlantique. Des différences fondamentales existent cependant entre les groupes américains et européens. La chute de l'euro, qui pèse sur les profits des entreprises cotées à Wall Street, est à l'inverse un atout considérable pour les sociétés françaises. De plus, le ralentissement de l'économie, sensible aux Etats-Unis, ne se vérifie pas dans l'Union européenne. Nous sommes donc optimistes sur les marchés européens, en particulier sur la place parisienne, et nous n'anticipons pas de ralentissement prochain du taux de croissance des profits.Le secteur des télécommunications a lourdement rechuté et reste marqué par une grande volatilité. Quel est votre avis sur les grandes valeurs françaises du secteur ?Les craintes des investisseurs à l'égard des opérateurs télécoms sont connues : engagés dans une politique d'investissements extrêmement lourds (acquisitions des licences UMTS, financement des nouveaux réseaux, investissements commerciaux, ...), leurs perspectives de profit manquent considérablement de visibilité. Facteur aggravant, la restructuration du secteur au niveau européen n'est pas achevée, ce qui laisse envisager de nouvelles opérations de croissance externe. Celles-ci pourraient également peser sur les comptes. Nous sous-pondérons donc ce secteur d'activité, sans exclure des valeurs telles que Bouygues dont l'attrait spéculatif est accru par la recomposition en cours. Les fondamentaux des équipementiers sont totalement différents. Ils ne sont pas soumis aux mêmes impératifs d'investissement et leurs perspectives financières sont à ce titre beaucoup plus faciles à anticiper. Nous nous attendons plutôt à une révision à la hausse, dans les prochains mois, des anticipations de profit de ces sociétés. Nous restons donc très positifs sur Alcatel, un groupe parfaitement positionné pour profiter à la fois de l'explosion des nouvelles normes de téléphonie mobile et du développement de l'internet à haut débit (réseaux de fibres optiques, ADSL, ...).Alors que se profile un ralentissement de l'économie américaine, peut-on encore jouer les valeurs cycliques ? Il convient tout d'abord de s'entendre sur la définition de ces valeurs cycliques. Dans un sens étroit, elles regroupent des secteurs tels que l'automobile, la chimie, le bâtiment, ... On peut toutefois leur ajouter des secteurs tels que les semi-conducteurs ou l'énergie, dans lesquels la demande varie fortement dans le temps. Nous sous-pondérons aujourd'hui les valeurs cycliques pures, qui sont affectées par l'enchérissement du prix des matières premières et le ralentissement de la croissance américaine. Cet a priori ne nous empêche pas d'être à l'achat sur Lafarge, un groupe relativement peu sensible au recul du secteur de la construction de maisons neuves aux Etats-Unis en raison de son implication majoritaire dans les grands travaux. Autre atout, les ventes de Lafarge devraient être tirées vers le haut par l'accélération de la croissance dans les économies émergentes. Il s'agit pour conclure d'une valeur qui se paie extrêmement peu cher au regard d'une croissance attendue de 25% par an de son bénéfice net par action au cours des deux prochains exercices. Dans le secteur des semi-conducteurs, STMicroelectronics est une très bonne opportunité d'achat aux cours actuels. Bien positionné sur les marchés en forte croissance, disposant d'une véritable avance technologique, le groupe profite aujourd'hui des investissements réalisés dans les capacités de production en bas de cycle. Nous sommes enfin neutres sur le secteur pétrolier. Si les cours actuels du baril laissent anticiper de nouveaux résultats records, il est peu probable que le brut poursuive son envolée sur les marchés internationaux, donnée qui influe directement sur les cours des sociétés pétrolières.

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