Le point sur... les stratégies d’investissement

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La dichotomie entre les valorisations des valeurs de l'économie classique et les multiples de celles de la « nouvelle économie » va-t-elle, selon vous, s'accentuer ?A l'instar du chemin de fer aux Etats-Unis au XIX siècle et de l'informatique dans les années soixante, une innovation accélère aujourd'hui l'ensemble du cycle économique, via le développement d'un tout nouveau secteur. C'est le cas de la « nouvelle économie », qui fait converger des métiers divers tels que les télécommunications, les médias et l'internet. D'où une différence de valorisation justifiée avec les titres de sociétés plus traditionnelles. Mais la durée de cette dichotomie est impossible à prévoir, compte tenu de l'absence de visibilité sur les flux d'innovations à venir, capables ou non de prolonger cette accélération de la croissance. Pour élevés qu'ils soient au regard des autres valeurs, les multiples aujourd'hui constatés doivent toutefois être relativisés. En 1990, de nombreux observateurs s'alarmaient que des sociétés comme Cisco, Microsoft ou SAP puissent valoir entre 15 et 25 fois leurs résultats. Aujourd'hui, on constate avec du recul que leur PE aurait dû avoisiner 300 à 400 pour refléter l'évolution réelle ultérieure de leurs fondamentaux.Comment expliquez-vous la récente décorrélation entre l'évolution de la Bourse et des taux d'intérêt ?Il convient tout d'abord de relativiser la correction obligataire de l'année dernière. Elle a juste mis fin au phénomène de « fuite vers la qualité » constaté lors de la crise des pays émergents. Résultat, les taux d'intérêt à long terme ne sont pas aussi levé que leur récente évolution pourrait le suggérer et ne revêtent par conséquent pas un grand danger pour les valorisations boursières. Par ailleurs, la récente baisse des rendements longs prend sa source dans le moteur même du rally de Wall Street. En apaisant les craintes inflationnistes à long terme, via une amélioration durable de la productivité, la « nouvelle économie », non seulement accélère le rally de la Bourse, mais permet l'inversion de la pente des taux américaine. C'est donc beaucoup plus les taux courts, aujourd'hui sous pression par la ferme volonté de la Fed de freiner le rythme de croissance de l'économie, qui peuvent poser un risque pour Wall Street. A cet égard, les anticipations de hausse des taux directeurs américains jusqu'à 6,5 % pourrait enfin porter ses fruits et enrayer l'optimisme des opérateurs vis-à-vis de la Bourse.Le FTSE s'est significativement replié depuis le début de l'année. Quel est son potentiel de réappréciation à court terme ?La forte inflation des prix immobiliers et la supposée accélération des salaires britanniques sont aujourd'hui les prétextes d'une poursuite des hausses des taux directeurs de la Banque d'Angleterre. Même si l'inflation globale semble maîtrisée par les autorités monétaires, cet environnement de plus en plus restrictif pèse sur la Bourse outre-Manche. Pourquoi, dans ces conditions, investir à la Bourse de Londres, quand les conditions monétaires sont plus accommodantes et la conjoncture beaucoup plus lisible de ce côté-ci de la Manche ? D'autant que la vigueur de la livre fait peser un risque de change particulièrement important pour les investisseurs du Continent investis au Royaume-Uni.

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