Napster : forte hausse de l'audience... et du nombre de plaignants

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Le procès intenté à la start-up américaine Napster - dont le logiciel permet aux internautes d'échanger des fichiers multimédia par l'intermédiaire des serveurs de la société - a au moins un avantage : celui de doper son audience. Dans une étude publiée lundi, l'institut Media Metrix annonce en effet que Napster a presque quadruplé son audience entre février et juillet, pour atteindre près de 5 millions de visiteurs uniques. Napster comptait 1,1 million de visiteurs uniques en février et 4,9 millions en juillet, précise Media Metrix. La société, de son côté, affirme que son logiciel a été téléchargé à plus de 20 millions d'exemplaires. Mais l'étude de Media Metrix ne prend en compte que les visiteurs l'ayant effectivement utilisé au moins une fois en juillet. L'institut de sondage classe Napster au 43e rang du classement des logiciels les plus populaires et précise qu'il équipe désormais les ordinateurs de 6% des foyers américains disposant d'un modem. "La clé du succès de Napster réside dans le fait que ses utilisateurs représentent l'ensemble du spectre des utilisateurs de PC, et pas seulement les jeunes passionnés de musique et qui disposent de temps libre", souligne dans l'étude Bruce Ryon, vice-président de Media Metrix en charge des nouveaux médias. Napster prouve qu'il est un logiciel "susceptible de connaître une croissance rapide et d'influencer le partage et la distribution de fichiers musicaux", conclut-il.Cette perspective ne devrait guère enthousiasmer la vingtaine d'organisations, dont l'association cinématographique américaine (Motion Picture Association of America - MPAA) et le gouvernement américain, qui ont décidé vendredi de s'associer à la plainte contre Napster en déposant des "Amicus Brief" devant la Cour d'appel chargée du cas. Le site Napster fait l'objet d'une plainte de l'industrie du disque qui lui reproche de violer la législation sur les droits d'auteurs. Une décision de première instance a ordonné en juillet la fermeture du site mais Napster bénéficie actuellement d'un sursis à exécution en attendant la décision d'appel. La procédure de l'Amicus Curiae permet aux Etats-Unis à un tiers de prêter son assistance au tribunal en donnant son opinion sur une question particulière. Dans sa lettre, la MPAA et les 19 autres organisations demandent à la Cour d'appel de confirmer la décision de première instance. Le gouvernement, par l'intermédiaire du bureau pour les droits d'auteurs (U.S. Copyright Office), a fait de même dans un texte déposé séparèment. Les organisations réunies dans l'Amicus Brief "représentent l'ossature de la communauté artistique aux Etats-Unis. D'une seule voix, nous lançons un message clair: Il n'est pas bien de créer une société qui vit du vol de matériel protégé par les droits d'auteurs et nous nous opposons à la philosophie de Napster qui ne fait que cela", a affirmé Jack Valenti, pdg de la MPAA, cité dans le communiqué. Dans son propre "Amicus Brief", remis à la Cour d'appel californienne chargée de statuer sur le cas, le bureau pour les droits d'auteurs, qui dépend du département de la Justice, affirme que Napster "n'avait pas de possibilité de défense" contre les accusations portées contre lui. Le gouvernement s'appuie notamment sur la législation passée en 1992 sur la reproduction personelle de documents audio (Audio Home Recording Act - AHRA) pour affirmer que le jugement de première instance est correct et doit être confirmé en appel. Dans une réponse aux arguments du bureau des droits d'auteurs, l'avocat de Napster, David Boies, a souligné que le gouvernement ne s'appuyait que sur l'AHRA et ne faisait pas mention d'autres textes législatifs sur la reproduction individuelle de cassettes vidéo (cas Betamax) ou le Digital Millennium Copyright Act (DMCA), voté aux Etats-Unis en 1998 pour transposer dans la loi américaine les accords mondiaux sur la protection des droits d'auteurs. "Nous avons le plus grand respect pour le département américain de la Justice mais nous pensons que dans ce cas d'espèce, il fait erreur", a affirmé David Boies dans un communiqué.

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