Le partenariat Self Trade / Casino n'enthousiasme pas les investisseurs

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Les négociations entre les deux groupes avaient donné naissance des rumeurs d'OPA du distributeur sur le courtier en ligne. Mais l'annonce officielle du partenariat commercial entre Casino et Self Trade ne déclenchait pas l'enthousiasme jeudi matin à la Bourse de Paris. En fin de matinée, l'action Self Trade était stable, à 8,30 euros, tandis que Casino gagnait 0,66% à 107,50 euros. Mercredi soir, après la clôture du marché, Casino et Self Trade ont annoncé un partenariat qui permettra au courtier en ligne de proposer ses produits aux 11 millions de clients revendiqués par les enseignes Casino, que cela soit via les points de vente physiques ou en ligne (C-online, C-mescourses, Cdiscount, etc.) du distributeur ou via des opérations de marketing menées auprès des porteurs de carte de ce dernier (cartes Géant ou Cofinoga). Opérationnel dès septembre prochain, le partenariat sera géré par une joint-venture qui se rémunérera via un intéressement de 25 % sur la marge brute générée par les nouveaux clients obtenus via cet accord. La structure sera contrôlée à 51% par Self Trade, à 49% par le groupe Casino. "Une clause de l'accord permet toutefois à Casino d'entrer ultérieurement au capital de Self Trade, souligne François Véron, directeur général du groupe Casino en charge des activités Internet. Cet accord s'inscrit dans la continuité de l'opération menée avec le fournisseur d'accès Freesbee, dans lequel nous détenons une participation et dont le kit de connexion était présent dans nos rayons dès 1999. Nous allons ainsi assurer à Self Trade une présence sur tous les supports dont nous disposons, qu'il s'agisse de nos magasins, de nos catalogues ou de nos sites. " Pour le courtier en ligne, ce partenariat constitue un atout de taille dans la course effrénée dans laquelle se sont lancés les acteurs du secteur pour séduire les nouveaux clients. Devant l'explosion annoncée du nombre de comptes en ligne, disposer d'un réservoir " naturel " de plus de 10 millions de prospects constitue une aubaine. La société souligne en outre que l'association entre distribution directe et réseaux de distribution physiques, notamment de partenaires externes, permet de réduire les coûts de recrutement, de faciliter la fidélisation et d'accroître la notoriété de la marque. Self Trade, présent en France, au Royaume-Uni et en Italie, comptait 29 850 comptes au 30 juin dernier. La société a réalisé un chiffre d'affaires semestriel de 22,9 millions d'euros. Elle prévoit de s'implanter en Allemagne dans les prochains mois. L'accord passé avec Self Trade constitue un pas supplémentaire pour le groupe Casino dans ses développements Internet. Bien positionné sur l'échiquier du Web, le groupe Casino s'est dernièrement constitué un portefeuille de participations dans des sites d'eCommerce : le distributeur avait pris en avril 10% du site de produits de bien-être VitaGO avant de s'installer au capital du discounter informatique en ligne Booston. Le groupe dispose également de ses sites propres via l'hyper en ligne C-mescourses et des spécialistes C-macave (vins), C-pourelle ou Cdiscount (biens culturels). Cette entrée de Casino dans le monde des services financiers s'inscrit dans un mouvement de fond de la grande distribution. Sur ce front, Carrefour fourbit actuellement un partenariat d'envergure. Cetelem serait ainsi en pourparlers avec le groupe présidé par Daniel Bernard, ce dernier désirant proposer des produits financiers aussi bien dans ses magasins que via un portail Internet. Le projet de Carrefour devrait être disponible dans quatre pays européens d'ici l'exercice 2001 (France, Espagne, Italie et Belgique) avant de se tourner vers l'Amérique latine et l'Asie, où le distributeur dispose de solides implantations.

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