La FAO s'alarme du risque de propagation de la fièvre aphteuse

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A mesure que se propage l'épizootie de fièvre aphteuse, les embargos se multiplient contre l'Union européenne. Le mouvement ne devrait pas s'arrêter après la mise en garde lancée par la FAO. Après l'annonce hier par la France et l'Argentine de l'extension de l'épizootie, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture demande "à la communauté internationale d'adopter des mesures de lutte plus fermes". La FAO, basée à Rome, préconise notamment "un renforcement des contrôles des immigrants et des touristes ainsi que sur les importations d'aliments, y compris ceux transportés par les passagers et les déchets provenant des avions et des bateaux". Malgré les mesures adoptées par le Comité véterinaire permanent (CVP) de l'Union européenne (UE), les embargos pleuvent à l'encontre des pays membres de l'UE. Hier les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, l'Australie, la Corée du Sud, la Norvège, la Pologne ont suspendu les importations de produits animaux provenant de l'Union européenne. Ils viennent d'être rejoints par l'Ukraine. Ce matin, le Maroc, la Tunisie, la Slovénie et la Hongrie ajoutaient à ces interdictions la suspension des importations de céréales. Une mesure qualifiée d'excessive par la Commission européenne, "les céréales n'étant pas un vecteur de transmission de la fièvre aphteuse", indique une porte-parole de Bruxelles.De son côté, le ministre français de l'Agriculture, n'excluait pas le pire pour la France dans les jours qui viennent. Dans un entretien au Parisien, Jean Glavany évoque 80 sites douteux en France. Il n'est pas question pour autant de reprendre les campagnes de vaccination, affirme le ministre. La vaccination a été abandonnée dans l'Union européenne depuis le 1er janvier 1992. Par ailleurs, 1.900 porcs vont être tués en Mayenne par mesure de précaution. Ils appartiennent à deux fermes situées près de l'exploitation de Baroche-Gondoin où a été découvert hier le premier foyer français de fièvre aphteuse. Dans l'Eure, le préfet a ordonné l'abattage d'un troupeau de 120 moutons pouvant avoir été contaminés. Les résultats des analyses devraient être connus d'ici 48 heures. Parallèlement, au Royaume-Uni, trois semaines après l'apparition de l'épizootie, on continue de recenser de nouveaux foyers de fièvre aphteuse. Selon un décompte officiel, on en est désormais à 214 foyers, 130.000 animaux ont été abattus et 30.000 doivent encore l'être. Cette épizootie pourrait également provoquer une crise politique de l'autre côté du Channel. Les agriculteurs britanniques exhortent le premier ministre, Tony Blair, à renoncer à convoquer des élections anticipées le 3 mai prochain. Cette date qui n'a encore rien d'officiel aurait les faveurs des travaillistes. Le Syndicat national des agriculteurs (NFU) estime que les restrictions de circulation en vigueur nuiraient au bon déroulement de la campagne électorale.

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