Recul du moral des Français sur fond de ralentissement industriel

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Sous les effets conjugués du ralentissement économique mondial et de la multiplication des plans sociaux, le moral des Français perd de sa superbe. En avril, pour le troisième mois consécutif, l'indicateur résumé d'opinion des ménages corrigé des variations saisonnières (CVS) publié par l'Insee s'affiche en recul. Il s'est établi à zéro le mois dernier, contre +2 en mars, +4 en février et +6 en janvier. D'après les experts de l'Insee, "ce recul est essentiellement imputable au fléchissement du solde d'opinion relatif au niveau de vie passé en France. Les perspectives d'évolution du niveau de vie se dégradent plus modérément". A noter cependant dans cette enquête que "les perspectives d'évolution du chômage se dégradent très sensiblement". Il faut sans doute y voir les conséquences des annonces très rapprochées de plans sociaux chez Marks & Spencer, Danone, Moulinex et Valeo.Pour Jean-Marc Lucas, économiste chez BNP Paribas, "tout n'est pas mauvais dans cette enquête. Si le niveau de vie général en France s'est détérioré, les ménages ne sont pas plus pessimistes qu'auparavant sur leurs perspectives personnelles. Ce n'est pas forcément négatif en termes de consommation, dont la vigueur devrait se maintenir". Les dépenses de consommation sont le principal pilier de la croissance en France, une croissance dont le gouvernement attend qu'elle s'élève à 2,9% en 2001. Parallèlement à ces chiffres concernant la confiance des ménages, l'Insee a publié également aujourd'hui les résultats de son enquête trimestrielle dans l'industrie. Cette étude, qui porte sur une période allant de la mi-janvier à la mi-avril, montre que la France est touchée à son tour par le ralentissement de la conjoncture économique mondiale. Les industriels interrogés pour cette enquête indiquent en effet que la demande (en provenance de l'étranger, mais aussi globale) continue de se replier. Un mouvement qui, estiment-ils, devrait se poursuivre au deuxième trimestre. Cette baisse de la demande se traduit par une réduction des goulots de production observés lors des enquêtes précédentes (31% en avril contre 36% en janvier). Les capacités de production sont désormais jugées normales par ces chefs d'entreprise. Le taux d'utilisation des capacités productives s'établit à 86,6% en avril soit 1 point de moins que lors de l'enquête de janvier. Philippe Waechter, économiste chez Banques Populaires Asset Management, juge ce ralentissement de la demande dans l'industrie quelque peu préoccupant. "Cela montre que le moteur de l'économie européenne est un peu moins dynamique avec l'Allemagne et l'Italie". Mais, tempère t-il, "je ne suis pas sûr que la tendance se confirme dans la prochaine enquête".latribune.f

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