L'Irlande dit 'Non' au Traité de Nice

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Les électeurs irlandais ont rejeté, à la surprise générale, la ratification du Traité de Nice. Selon les chiffres diffusés vendredi en fin d'après-midi par la radio-télévision d'Etat RTE, 54% des électeurs ont voté contre et 46% pour. Ces chiffres ne sont pas définitifs, le décompte des bulletins de vote se poursuivant vendredi soir. Un tel rejet par la population irlandaise compromet en principe l'adoption du traité de Nice. Celui-ci, qui a été mis au point par les gouvernements des quinze lors du sommet de Nice, le 11 décembre dernier, définit les modalités de réforme des institutions européennes en vue de l'élargissement de l'Union (composition de la Commission, pondération des voix, extension du vote à la majorité qualifiée, etc.). Pour entrer en vigueur, le traité doit être ratifié par les 15 pays membres de l'UE.Le vote irlandais ne signifie pas pour autant que les quinze vont devoir reprendre à zéro le processus et renégocier un nouveau traité, plus acceptable par les Irlandais. Dès vendredi, l'Irlande a en effet fait savoir qu'elle préfèrerait organiser un deuxième référendum sur le Traité de Nice plutôt que de le renégocier.L'Irlande "ne se dirige pas vers une renégociation du Traité de Nice" mais préférerait organiser un deuxième référendum sur son approbation après avoir obtenu des clarifications de la Commission européenne, a précisé à l'AFP une source gouvernementale sous couvert d'anonymat."L'Irlande a l'intention de ratifier ce traité. Il faut procéder par référendum et un deuxième référendum devra donc être organisé", a-t-elle poursuivi. "Nous allons discuter avec nos collègues européens pour voir s'il est possible d'obtenir un document ou un protocole à présenter aux électeurs pour un deuxième référendum", a ajouté ce responsable gouvernemental.Selon lui, un paragraphe clarifiant le fait que la participation de soldats irlandais à une force européenne commune devrait être préalablement approuvée par le parlement, pourrait suffire à obtenir le soutien de la population lors d'un deuxième référendum.L'Irlande, pays de l'Union européenne le plus éloigné géographiquement des pays de l'Est à qui le Traité de Nice doit faciliter l'entrée dans l'Europe communautaire, s'est engagé à fournir un millier d'hommes à la nouvelle force européenne, ce qui remet en cause la neutralité traditionnelle du pays.Un précédent pourrait inspirer les instances européennes dans cette situation délicate: le rejet du Traité de Maastricht par le Danemark en 1992. Dans ce dernier cas, Copenhague n'avait pas fait modifier le traité, mais avait obtenu des "clarifications" de Bruxelles. Un deuxième référendum avait été organisé et les Danois avaient finalement dit oui à Maastricht.Ces nouvelles inattendues en provenance d'Irlande ont pesé sur l'euro, en fin de journée. Le monnaie unique s'est repliée en fin d'après-midi sous les 85 cents, à 0,8497 dollar contre 0,8475 dollar quelques heures plus tôt et 0,8502 dollars à New York jeudi.latribune.fr, avec AFP

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