La Suisse rejette massivement l'adhésion accélérée à l'UE

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Un verdict négatif était attendu, mais le raz-de-marée du "non" donne une bonne idée du peu d'enthousiasme que suscite en Suisse la perspective d'une adhésion prochaine à l'Union européenne. 76,7% des électeurs se sont prononcés contre l'ouverture sans délai de négociations d'adhésion avec la Commission européenne. La dimension de ce refus, qui touche dans une moindre mesure la partie francophone du pays, a surpris les analystes politiques, qui s'attendaient à environ un tiers de "oui".Dans un communiqué, le gouvernement a estimé que le rejet de l'initiative populaire sur l'ouverture immédiate de négociations d'adhésion "ne peut être interprété comme un rejet d'une future adhésion de la Suisse à l'UE". Les électeurs, a dit son porte-parole Achille Casanova, ont seulement exprimé "le refus d'obliger la Confédération à engager des négociations sans délai". La vote reconnaît au gouvernement, en vertu de la Constitution, la compétence de "décider si et quand il convient d'ouvrir des négociations d'adhésion à l'UE". Le président Moritz Leuenberger s'est de son côté déclaré "très satisfait" du vote, estimant que la position officielle du gouvernement, défavorable à l'initiative, avait été suivie par les électeurs. Berne ne veut pas brusquer une adhésion, attendant que les accords sectoriels conclus en 1998 avec Bruxelles, qui doivent encore être ratifiés dans une majorité de pays de l'UE, portent leurs fruits. Il entend décider dans la prochaine législature (2003/2007) quand il engagera des négociations d'adhésion. Cette position prudente du gouvernement vise à ménager les nombreux Suisses "eurosceptiques". Pour beaucoup d'électeurs, une adhésion à l'Union pourrait avoir des conséquences négatives tant sur le plan économique en mettant en cause l'indépendance monétaire et financière ou la fiscalité, que sur le plan politique en faisant éventuellement barrage à la démocratie directe au niveau cantonal.Soucieuse de ne pas envenimer le débat, l'Union européenne a déclaré respecter "le choix des Suisses". La Commission "a pris connaissance de la votation et constate que les Suisses n'ont pas dit non à l'Europe, mais qu'ils ont préféré répondre à la question plus tard", a déclaré le porte-parole de la Commission Luc Véron. "C'est un choix que nous respectons", a-t-il ajouté.avec AFP

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