Une pincée de sel

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Comment ont-ils pu se répandre dans les journaux et sur toutes les chaînes de télévision spécialisées pour dire que la Fed avait de bonnes chances - et toutes les raisons - de procéder à une baisse des taux de 75 points de base ? C'est sur la base de ce diagnostic aventureux que les marchés se sont laissés porter à la hausse lundi. Le lendemain, la déception et la chute des indices n'en furent que plus brutales.Leur bilan de ces dernières années n'est pas particulièrement flatteur. Ils n'ont cessé d'annoncer un ralentissement imminent tandis que l'économie américaine tournait à plein régime. Puis quand la croissance a fini par tomber en panne, ils ont sous-estimé l'ampleur et la rapidité du retournement. Anticiper les décisions de la Fed est, il est vrai, un exercice particulièrement périlleux. Wayne Angell, le chef économiste de Bear Stearns à New York, l'a appris à ses dépens le mois dernier. Le 23 février, il annonce que la probabilité que la Fed diminue ses taux sans attendre la réunion de son comité de politique monétaire est de 60%. Sur la foi de la prédiction de cet économiste respecté - et ancien gouverneur de la Fed -, les marchés d'actions s'offrent un « rally » improbable. Le 27 février, un rapport sinistre sur la confiance des consommateurs est rendu public. Wayne Angell porte à 80% la probabilité d'un desserrement imminent de la politique monétaire. Nouveau « rally ». Il s'est trompé deux fois en quatre jours...La Fed « aurait dû » baisser les taux à ce moment là, suggère John Ryding, économiste senior chez Bear Stearns, car elle aurait ainsi pu éviter aux marchés le nouveau plongeon qu'ils ont vécu depuis. Mais Alan Greenspan n'est pas aux ordres de Wall Street. Et il apparaît désormais nécessaire d'assortir les prévisions des économistes de marché d'un nouvel ingrédient : une pincée de sel.

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