La télévision interactive, concurrent crédible du PC

La télévision interactive, une arlésienne dont on discute plus pour l'instant dans les réunions de consultants qu'on ne l'utilise dans les chaumières, pourrait être sur le point de prendre son envol et de connaître un succès plus grand en Europe - surtout en France et en Grande-Bretagne - qu'aux Etats-Unis. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude menée par le cabinet spécialisé dans les nouvelles technologies Mercer Management. Si ces nouveaux services tardent à décoller, c'est que jusqu'à présent les technologies n'étaient pas prêtes, constate l'étude. Mais l'avènement du tout numérique, rendu possible par le satellite et bientôt le numérique hertzien - déjà opérationnel au Royaume Uni - devrait inexorablement changer la donne. Mercer prévoit pour l'Europe un taux de pénétration de la télévision intéractive de 45% en 2004, contre seulement 30% aux Etats-Unis, où 53% des foyers sont déjà équipés d'un PC. Le fait que le PC tarde à prendre place au sein du foyer européen pourrait en effet favoriser l'essor de ces nouvelles technologies. "La motivation doit être élevée pour que le particulier adopte Internet : l'équipement et l'abonnement coûtent cher", explique le vice-président de la filiale allemande de Mercer, Wolfgang Bock, alors que la télévision interactive pourra offrir les services les plus prisés du Web, comme le mail ou la météo. En Europe, les particuliers pourraient ainsi arbitrer entre le petit écran et le PC traditionnel en fonction de leurs besoins. D'autant que la télévision reste, en moyenne, allumée six heures par jour dans 95% des foyers français, favorisant son usage au détriment du PC, généralement mis en service dans un but bien précis. Pour Mercer Management, dans ce secteur gourmand en investissements, seuls les grands groupes comme Canal Satellite, Noos ou TPS pour les réseaux, ou les fournisseurs d'accès et les banques pour les services, peuvent prétendre jouer un rôle de premier plan. Mais pas question de dupliquer le Web sur un écran plus grand. Le spectateur recherche des services spécifiques et adaptés, souligne l'étude. Les "killer app" - les applications gagnantes - seront certainement la personnalisation des programmes et la possibilité de télécharger des vidéos et des jeux à la demande, explique Mercer. Pouvoir arrêter une émission, revenir en arrière pour revoir une scène, sauter les publicités, sont quelques uns des services pour lesquels le spectateur est prêt à payer, et "c'est là la grande différence avec le Web", indique Georges Vialle, le vice-président de la structure française du cabinet. La télévision devrait également devenir un nouveau canal de distribution de l'e-commerce, ou plutôt du t-commerce. Mais les produits mis en vente devront correspondre à l'achat d'impulsion et à un télespectateur "passif mais qui reste à l'écoute", indique l'étude. L'expérience anglaise est d'ailleurs probante. BSkyB héberge Open, une galerie de services d'informations et d'achat en ligne régulièrement visitée par 45% des 5,5 millions d'abonnés que compte l'opérateur. 270.000 personnes effectuent régulièrement des transactions. "Domino's Pizza, enregistre d'ailleurs 50.000 clients et réalise 4% de son chiffre d'affaires par ce canal.", souligne Georges Vialle. Sandrine C

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