« Notre moteur de recherche vise à répliquer le jugement humain »

La Tribune.fr - Vous venez de sortir un nouveau moteur de recherche. Quels sont ses objectifs ?Henrik Hensen - Son principal objectif est la précision. Nous avions besoin de créer un moteur offrant des résultats plus pertinents. La recherche est l'outil le plus utilisé sur le Web après la messagerie. Or, les outils actuels ne répondent pas aux attentes en termes de performance. Ils privilégient la quantité de résultats plutôt que la qualité. Mais les études montrent que l'internaute dépasse rarement la deuxième page de réponse, il doit trouver la réponse à sa question dans les dix premières requêtes.Qu'est-ce qui différencie ce nouvel outil de l'ancien ?Nous avons cette fois abordé les choses de manière différente. Et celà dès la collection des données. Nous répertorions en continu dans notre index général tous les documents du Web. Nous en comptons environ 1,6 milliard actuellement. Et nous rafraîchissons cet index, c'est à dire que nous vérifions si les pages existent et si elles sont toujours pertinentes, une fois par semaine. Auparavant, on procédait à cette opération toutes les trois semaines. Mais notre moteur effectue ses recherches également dans des bases de données privées, comme celles du Financial Time ou du Wall Street Journal. Puis les résultats sont mixés sans tenir compte de l'origine du document, ce qui n'était pas le cas jusque là. Les réponses sont alors reclassées selon une modélisation fondée sur ce que j'appelle " le jugement humain ", car c'est ce qui permet les tris de résultats les plus pertinents. Lorsqu'un internaute lance une recherche, le moteur procède à une analyse des requêtes similaires antérieures, et analyse les sites qui ont le plus intéressé l'internaute et sur lesquels il a cliqué. A partir de ces informations, il rebâtit une liste de résultats qui tient compte d'éléments de pertinence fondés sur d'autres critères que sur de simples procédures automatiques.Enfin la technique consiste à procéder à une vérification des pages de résultats pour savoir si le contenu correspond bien à ce qu'elles prétendent être. Cela évite les tricheurs et les spammeurs.Jusqu'à présent, vos clients cibles étaient principalement des " dotcom ". Au vue de la conjoncture, allez vous faire évoluer votre modèle économique, d'autant que vous avez perdu Yahoo ! ?Effectivement, l'année dernière nous avions 60 clients B2C. Cela restera stable cette année. Et le revenu généré a tendance à diminuer. Pour l'instant, nous avons des clients comme MSN, Aol, Hotbot, qui appartient à Lycos ou Freeserve. Pour Yahoo !, c'est différent. Je crois qu'ils avaient des parts dans Google dès l'origine. Nous nous rémunérons selon un tarif d'intégration de la solution puis le client s'acquitte d'un montant calculé selon le nombre de requête. Mais nous essayons évidemment de nous développer dans le B2B en construisant des moteurs sur mesure pour certains sites, notamment avec le Financial Times, qui dispose d'une solution qui lui a coûté 2 à 3 millions de dollars. Pour l'américain BT Looksmart, nous mettons à jour sa base de données de contenus multimédia (vidéo-clips etc.). Dans ce cas, soit nous licencions le logiciel, soit nous prenons en charge en plus l'hébergement et la mise à jour de la base de données du client.

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