Les sites d'information financière américains fragilisés

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Observateurs et commentateurs de marchés financiers en pleine déprime, les sites Internet américains d'information financière subissent à leur tour les conséquences de l'e-krach et de la désaffection des investisseurs individuels pour la Bourse.The Motley Fool, qui dispute à TheStreet.com la première place du marché américain, a ainsi annoncé jeudi qu'il s'apprêtait à supprimer 115 emplois, soit plus du tiers de ses effectifs, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. La société, créée dès 1993, avait annoncé la semaine dernière un nouveau tour de financement de 30 millions de dollars, apportés par une filiale du groupe japonais Softbank et AOL Time Warner. En janvier, Motley Fool, qui revendique 30 millions de visites par mois, avait déjà décidé de fermer son site en langue allemande. Et la situation n'est guère plus favorable pour TheStreet.com : la société, qui avait supprimé 111 emplois et interrompu ses activités en Grande-Bretagne dès le mois de novembre, a publié jeudi soir des résultats trimestriels marqué par une dégradation du résultat net... et l'absence de perspectives claires pour les mois à venir.Pour le quatrième trimestre 2000, TheStreet affiche une perte par action de 0,90 cent, contre 0,47 cent pour la même période de 1999. Ce chiffre inclut notamment le coût des restructurations annoncées en novembre. La perte d'exploitation, elle, a reculé pour atteindre 0,2 dollar par action. Tom Clarke, directeur exécutif du site, s'est refusé à détailler des prévisions pour 2001, en expliquant qu'il était trop difficile de se prononcer sur la possibilité d'un rebond rapide du marché publicitaire. "Comme vous le savez, a-t-il expliqué, l'environnement est extrêmement difficile pour les entreprises qui tirent leurs revenus de la publicité en ligne. Nous ne savons tout simplement pas à quoi ressemblera ce marché en 2001".Au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires de TheStreet.com a atteint 6,3 millions de dollars, en hausse de 23%. La publicité, qui génère près des deux tiers de l'activité, a vu son chiffre d'affaires progresser d'un tiers sur la même période.TheStreet.com, qui a renoncé l'an dernier à faire payer un abonnement à ses visiteurs, continue de chercher de nouvelles sources de revenus. La société tente notamment de vendre son contenu aux investisseurs institutionnels. Tout en réfléchissant à la possibilité de permettre aux lecteurs d'acheter directement un titre après avoir lu un article s'y rapportant, les dirigeants se défendent de vouloir rivaliser avec les courtiers en ligne. "Nous n'entrerons pas en concurrence avec nos alliés, les courtiers, sur ce plan", a assuré Tom Clarke. Coté sur le Nasdaq depuis juin 1999, le titre TheStreet.com chutait de 9,65% vendredi à la mi-séance, à 3,22 dollars. La valeur a perdu près de 95% de sa valeur depuis son entrée en Bourse. Tombé non loin de 1 dollar fin décembre, il a repassé récemment la barre des trois dollars. La valeur boursière de l'entreprise est ainsi remontée à quelque 95 millions de dollars.

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