Conseils à ne suivre sous aucun prétexte

Selon Investars.com, le service en question, suivre leurs recommandations aurait à peine été profitable pendant les quatre dernières années - et dans certains cas, cela aurait coûté de l'argent aux investisseurs. En fait, seulement quatre grandes banques d'investissement sur la myriade de compagnies de courtage en activité à Wall Street seraient fiables... La meilleure : Credit Suisse First Boston, avec un gain de 7,6% pour les quatre dernières années pour la clientèle qui a suivi ses conseils. La pire : la division Robertson Stephens de Fleet Boston Financial.Pour parvenir à établir ce classement, Investars a recours à une méthodologie complexe. Pour estimer la valeur des conseils, chaque recommandation est elle-même traitée comme une opération conduisant à une vente ou à un achat. Par exemple, si un courtier recommande d'acquérir à tout prix du Microsoft, le système d'Investars enregistre l'information comme un achat théorique au cours du jour - ce qui place la valeur de son portefeuille à, mettons, 450.000 dollars. Mais si une semaine plus tard, l'enthousiasme se refroidit, Investars assigne au titre la nouvelle valeur du jour et le portefeuille se retrouve à 300.000 dollars. Une tâche de simulation en elle-même titanesque puisque des firmes comme Merrill Lynch ou Morgan Stanley gèrent des portefeuilles constitués de milliers de titres. En tout cas, la conclusion est claire : depuis 1997, malgré les bas et hauts du marché, les résultats théoriques de l'ensemble de ces recommandations sont majoritairement négatifs.Pourquoi ces erreurs? Les responsables d'Investars sont convaincus que les analystes hésitent tout simplement à déclasser les titres quand ils commencent à donner des signes de faiblesse.Un peu inquiété par ces résultats, le "New York Times" a cherché des exemples et hélas! ils ne manquent pas. Parmi ceux-ci, le cas de priceline.com. Les graphiques d'Investars montrent que Goldman Sachs a recommandé l'achat ferme du titre en avril 1999 quand il se négociait à 104,44 dollars. Les mêmes recommandations figuraient un an plus tard alors que l'action avait déjà chuté de 20%, à 80,25 dollars. Mêmes recommandations d'achat ferme, à cinq reprises, durant les six mois suivants... quand le titre plongeait à 20 dollars. Finalement, en novembre dernier, alors qu'il était tombé à... 5,25 dollars, la firme le plaçait dans un catégorie inférieure. Résultat, selon les calculs d'Investars, si un investisseur avait suivi à la lettre les recommandations de Goldman Sachs, ses pertes auraient été de 93%. Pour Morgan Stanley, c'est encore pire - de justesse: les pertes théoriques sont évaluées à 94%! Au contraire, Legg Mason, un courtier de Baltimore, est le seul du lot à afficher des gains selon les calculs d'Investars. Lorsque le titre se trouvait à 148 dollars, Legg Mason, en le classant dans une catégorie inférieure, recommandait plutôt de le vendre. Ces résultats, qui sont bien sûr purement théoriques, n'ont pas pour seul intérêt de jeter la suspicion sur les firmes de courtage : comme Investars suit pas à pas et valeur par valeur l'évolution des titres et des recommandations qui vont avec, nombre d'investisseurs individuels sont en train de comprendre que le système pourrait les aider à détecter plus vite le nouveau Microsoft ou le nouveau Cisco du marché. Avant que les courtiers ne se bougent enfin et se décident à en conseiller l'achat.

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