Les capital-risqueurs européens doutent de leur proche avenir

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Le retour aux réalités et aux fondements du métier se fait plutôt dans la douleur. L'habitude de compter sur des retours sur investissements aussi extravagants que rapides a bien du mal à céder la place à un concept nouveau : un engagement financier plus long et un retour sur investissement plus modeste mais durable. Compte tenu de ces facteurs et de l'environnement économique incertain - « sommes-nous confrontés à un ralentissement dans un cycle économique en U ou en V ? » s'interrogeait Paul Waller, directeur de la firme d'investissements internationale 3i - , les investisseurs ont tendance à continuer à renforcer les conditions d'accès aux tours de table que souhaitent effectuer les jeunes entreprises. Plusieurs sociétés de conseil qui agissent pour le compte de ces dernières n'hésitent cependant pas à leur conseiller d'accepter les conditions présentées actuellement par les capital-risqueurs, dans la mesure où lesdites conditions pourraient encore se durcir dans les mois qui viennent. Pourtant, les sommes à investir existent mais ceci n'empêche pas les financiers de se placer en position d'attente pour prendre la décision d'investir, les dossiers de qualité étant toujours aussi nombreux.L'optimisme revient cependant lorsqu'on évoque des termes et des objectifs plus lointains. « Les trois prochaines années vont représenter le meilleur moment pour investir et prendre position pour les dix années à venir », n'hésite pas à affirmer Anne Glover, la présidente d'Amadeus Capital Partners Limited en conclusion d'une table ronde consacrée à l'avenir des investissements dans le domaine des technologies de l'information et de la communication. Pour Anne Glover, les opportunités d'investissements sont les mêmes qu'il y a un an, mais c'est le rythme de développement des projets qui a changé. Et si certains segments comme Internet, la large bande et les interfaces naturelles (voix, langage, etc.) apparaissent comme très porteurs et encore en pleine croissance, les besoins concernant l'utilisateur individuel final (accès pour tous, facilité d'utilisation, applications embarquées, etc.) sont encore largement incompris, donc sous-traités par la communauté des investisseurs.Sur l'avenir de l'industrie, les membres de l'EVCA tombent d'accord pour constater que la profession va majoritairement s'orienter autour de deux types de structures. « Nous aurons d'une part de gros acteurs multinationaux et d'autre part des acteurs spécialisés sur des niches de marché. Ces deux types d'investisseurs ont les meilleures chances de réaliser de belles performances. En revanche, cela va devenir très dur pour les structures moyennes de type généraliste », analyse Paul Waller. Un point de vue partagé par Conor Kehoe, associé au cabinet de conseil en stratégie McKinsey et auteur d'une étude sur le futur du métier de capital risqueur.

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