Carlyle Internet Partners Europe entend privilégier le soutien aux entrepreneurs

Avec 730 millions d'euros levés, Carlyle Internet Partners Europe (CIPE) est sans doute, un an après l'e-krach, l'un des investisseurs en capital-risque les plus puissants d'Europe. Bouclé en avril 2000, alors que l'euphorie Internet vivait ses derniers jours, le fonds a réalisé depuis 17 investissements pour 150 millions d'euros, soit 8 ou 9 millions par dossier. Le portefeuille actuel est investi pour un gros tiers dans les technologies et les télécoms (Trellis Photonics, PacketLight Networks, etc), un quart dans les services financiers (notamment bFinance), un quart dans le " B2B " non-financier (avec par exemple Egencia), le reste étant orienté vers la sécurité (Solsoft), le développement de jeux pour mobiles (Riot-e) et la commercialisation de noms de domaines (NamePlanet)." A terme, dans quatre ans, nous visons un total de cinquante participations, explique Jacques Garaïalde, directeur associé du fonds. Nous tablons sur un investissement moyen de 15 millions d'euros par dossier dont un ou deux millions apportés à l'entrée. Et un siège au conseil d'administration ". L'e-krach n'a donc rien changé à ces projets à long terme. Et l'optimisme est toujours présent. " La révolution technologique est bien là, donc nous continuons, explique Jacques Garaïalde. La tendance positive va au-delà des phénomènes de cycles que l'on observe actuellement ". Au-delà de la sélection des dossiers avant l'investissement, CIPE entend aussi mettre l'accent sur l'accompagnement des entrepreneurs. " Une fois l'investissement réalisé, le travail ne fait que commencer ", résume Jacques Garaïalde. Principales difficultés, à ses yeux, du capital-risque " à l'européenne " : des entrepreneurs moins expérimentés, des marchés plus fragmentés et des réglementations divergentes. Sans parler des distances.Son rôle d'investisseur-administrateur, CIPE entend donc le jouer activement. " Nous choisissons des entrepreneurs solides, ils ont besoin d'investisseurs solides ", résume le directeur associé du fonds. Le soutien apporté par le groupe peut toucher aussi bien le recrutement ou l'audit opérationnel que le développement international. Disposant de 20 bureaux dans le monde, Carlyle entend mettre à profit ce réseau pour favoriser les entreprises de son portefeuille. " En Europe, les entreprises commencent la plupart du temps par assurer leur développement dans leur pays d'origine, explique Jacques Garaïalde. Mais lorsqu'elles entament leur développement international, elles vont souvent très vite aux Etats-Unis. Nous pouvons les aider à y prendre pied ". Peu présent sur le marché du B2C (business to consumer), Carlyle ne fait pas non plus du B2B une religion absolue : "les développements vont se poursuivre, estime Jacques Garaïalde, mais même si on choisit un projet gagnant, la rentabilité n'est pas assurée. Or on ne peut pas espérer pouvoir prendre 30 à 40% du capital dans chacun des dossiers que nous jugeons intéressants. En revanche, les perspectives de rentabilité offertes peuvent être plus intéressantes pour des grandes entreprises que pour des investisseurs ".Carlyle se sent donc plus à l'aise sur les métiers du logiciel, des équipements et des composants télécoms. " Là, les grands groupes n'ont pas forcément intérêt à tout gérer en interne. Et dans certains cas, ils remplacent la R&D [recherche et développement] par l'A&D [acquisition et développement]". D'où des opportunités de coopération entre le fonds et les grands groupes. Y compris dans le domaine du commerce électronique, où certaines entreprises traditionnelles voient arriver sur le marché des solutions dont le prix a nettement baissé. Marc Angrand

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