Des hedge funds victimes de leur succès

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Alors que les grands indices boursiers mondiaux faisaient du sur-place, comme à Paris l'an dernier, voire cédaient du terrain comme à Wall Street et à Londres, les hedge funds - ces fonds spécialisés dans l'arbitrage et la recherche de hautes performances grâce aux effets de levier - affichaient en 2000 une insolente progression de 7,61%. Et les capitaux venant se déverser dans ces sociétés spécialisées dans les placements risqués pour institutionnels et investisseurs fortunés bondissaient de 26% à un peu plus de 400 milliards de dollars. Un engouement qui ne se dément pas, puisque aujourd'hui l'argent continue d'affluer vers ces organismes de placement aux contours mal définis et dont la transparence laisse encore souvent à désirer. Au premier trimestre de cette année, ce sont encore 6,9 milliards de dollars d'argent frais qui sont allés vers les hedge funds, un niveau que l'on n'avait plus vu depuis le premier trimestre 1998. Et qui approche le montant des fonds collectés sur la totalité de l'an dernier !La déconfiture de LTCM et le risque systémique qu'elle a fait peser sur la planète financière après la crise russe de 1998 ont été vite oubliés. Au point que la récente fermeture du fonds technologique du hedge fund californien Bowman Capital est passée presque inaperçue : le groupe a tout de même dû rendre un milliard de dollars en cash aux investisseurs qui lui en avait confié ... le double.Car tout n'est assurément pas rose au pays des hedge funds. Tout d'abord le rebond des marchés entamé depuis fin mars/début avril doit causer quelques soucis aux gérants qui ont vendu à découvert pour doper la performance de leurs portefeuilles. Ensuite, les rendements sur les actifs même pourris ne sont plus aussi juteux : le rendement médian sur les « junk bonds » - ces obligations pourries que l'on a un peu oublié, une catégorie à laquelle vient d'être relégué Lucent - est revenu aux alentours de 9%, contre un plus haut de 11,5% en novembre et décembre derniers, selon le dernier pointage de Merrill Lynch. Ainsi, un géant hospitalier américain comme HCA-The Healthcare Co, un émetteur classé hors catégorie d'investissement (« non investment grade ») par les deux principales agences de notation, est parvenu le mois dernier à lever 500 millions de dollars à 5 ans en offrant un rendement... d'à peine 7,2%. Enfin, si l'engouement pour ces véhicules de placements s'apparentant davantage à une Ferrari qu'à une Twingo devait ne pas se démentir, un problème de personnel risque de se poser : ne s'improvise pas qui veut gérant de hedge fund.

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