"Sur le Web, certains canulars ont un but commercial"

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D'où vient Hoaxbuster et quel est son but ?Hoaxbuster, c'est un clin d'œil à Ghostbuster, chasseur de fantôme. Cela signifie chasseur de canulars. C'est un site de bénévoles que nous avons créé il y a un an. Nous sommes trois internautes de la première heure. Mais nous nous sommes rendu compte que beaucoup de canulars circulaient sur le Web. Ils étaient déjà dénoncés par un site américain que nous consultions comme une bible mais il n'existait pas d'équivalent en français. Notre intention, c'est de dire aux internautes : " Internet c'est formidable, mais tout n'est pas vrai et il faut savoir l'utiliser ".Au-delà, nous voulons aussi faire participer les internautes, les inciter à mener leurs propres enquêtes, à avertir eux-mêmes leurs congénères. C'est ça l'avenir du Net. Pour l'instant, ils se sentent trop passifs, comme s'ils étaient devant la télévision. D'ailleurs, nous recevons quantité de mails chaque jour dénonçant des canulars, et aujourd'hui, c'est vrai que nous avons du mal à les gérer. Nous allons monter un forum sur lequel les internautes pourront déposer leurs propres découvertes et discuter. Au début c'était juste un site perso, mais maintenant cela a pris trop d'ampleur, on réalise un million de pages vues par mois et notre newsletter compte 10.000 abonnés. Nous travaillons tous les trois : nous nous occupons du site le soir, la nuit et les week-end, avec nos propres machines !D'où viennent ces canulars, quelles intentions cachent-ils?Globalement, il y a trois sortes de canulars. Tout d'abord, ceux créés par des gens qui veulent vraiment nuire à Internet. Vous les reconnaissez aisément lorsque l'on vous dit de faire passer tel ou tel message à toutes les personnes de votre carnet d'adresses. Typiquement ce sont les faux virus. Ce "spamming" sauvage bloque les serveurs, utilise énormément de bande passante. Une étude conduite par la Commission européenne a estimé à 10 milliards d'euros le coût des mails non sollicités. Puis il y a les hoax qui ont un objectif commercial. Le but de l'auteur est de collecter le plus d'adresses e-mails possibles pour les revendre au marché noir. Le business fonctionne très bien aux Etats-Unis. Pour vous donner une idée, une adresse en France en ce moment est revendue un franc. De quoi inciter certains à faire du hoax une activité très rémunératrice. Je peux déjà vous annoncer qu'un nouvel hoax va bientôt arriver dans vos boîtes aux lettres expliquant que vous pouvez gagner la nouvelle Peugeot 307 si vous faites suivre le message à toutes les personnes que vous connaissez.Enfin, il y a la légende urbaine. A l'origine, cela part d'une information non vérifiée dans laquelle il y a un peu de vrai et un peu de faux. Mais le tout se transforme ensuite. Et c'est ainsi qu'arrive dans vos boîtes aux lettres une histoire de VIH prétendument véhiculé par des seringues que des esprits mal intentionnés dissimulent dans les fauteuils des salles de cinéma d'Issy-les-Moulineaux ! Une histoire totalement fausse. Ce type de légendes a beaucoup circulé au début de l'épidémie de sida puis au moment de l'explosion d'Internet. Si les gens y croient encore, c'est que cela arrive à un moment où ils en ont besoin. C'est la part d'irrationnel qu'il y a dans l'effet de masse.Au vu du succès de Hoaxbuster, avez-vous des projets d'exploitation commerciale du site ?Nous voulons nous rapprocher d'un site communautaire ou de contenus qui puisse prendre en charge Hoaxbuster, car cela a pris trop d'ampleur et nous avons besoin d'aide. Nous n'avons pas encore décidé si nous allions vendre ou pas. Cela dépend des opportunités qui se présenteront mais il nous faut vraiment un repreneur. Avez-vous déjà trouvé un auteur de Hoax?Je crois que oui. Il s'agit d'un hoax concernant un échange de mails prétendument interceptés entre les dirigeants de Total, mais en fait construit de toutes pièces. Visiblement, l'auteur, même s'il n'a pas avoué, travaille au magazine FHM et collabore au site de l'Examineur. Nous l'avons interviewé sur Hoaxbuster. Ce qu'il voulait, je pense, c'était simplement se faire un coup de pub.Propos recueillis par Sandrine C

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