Musique !

Les deux constats qui transparaissent de cette anecdote sont imparables. Un, Internet a déjà commencé à bouleverser la distribution des œuvres musicales. Deux, les grands labels musicaux ont fort à faire pour supplanter le culte de Naspter - dont la gratuité (en voie de disparition) ne fut pas le moindre des attraits.Aujourd'hui, le marché de la musique en ligne - à peine 200 millions de dollars par an aux Etats-Unis - en est à ses balbutiements. Mais 28% des ventes se feront sous forme digitale d'ici 2005, ont calculé les analystes de Jupiter Communications, date à laquelle le chiffre d'affaires annuel sera de l'ordre de 1,5 milliard de dollars (deux tiers provenant de services par abonnement, un tiers de l'achat de morceaux « à la carte »).Comment faire pour s'approprier le plus gros morceau possible de ce gâteau fort appétissant ? Pour l'instant, les cinq grands labels musicaux ne savent pas encore très bien si le succès réside dans des mariages solides mais exclusifs, ou dans une multitude d'accords destinés à assurer la plus large diffusion possible. Alors ils tentent les deux à la fois.Un duel semble toutefois se profiler à l'horizon. A ma gauche, Duet, qui regroupe Universal Music (numéro un mondial et filiale de Vivendi Universal) et Sony. Premier gros coup : l'accord de distribution conclu avec Yahoo ! la semaine dernière. A ma droite, MusicNet, où l'on retrouve les trois autres (BMG, EMI et Warner) alliés à RealNetworks.Rien de tout cela n'est exclusif, assure-t-on des deux côtés. Et pour cause : quand il se rend chez un marchand de disques, le client peut acheter tous les labels à la fois. Sur le Net, il n'en attend pas moins. C'est le pari que font des plates-formes existantes, comme MP3.com, ou naissantes comme MTVi ou le service musical que Microsoft s'apprête à introduire sur son portail MSN.Un détail : combien les surfeurs habitués à Napster sont-ils prêts à payer pour leur musique en ligne et selon quelles modalités ? Pour le moment, personne n'en sait rien.En d'autres termes, tout le monde se précipite pour tenter de vendre de la musique sur Internet, mais personne ne sait quand et comment il sera possible d'y gagner de l'argent. Voilà un « business model » qui aurait semblé génial à l'ère du Nasdaq triomphant. Par les temps qui courent, il peine à convaincre.

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