"La convergence des Bourses n’est pas au rendez-vous de l’Euro"

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La Tribune.- Quelle est la Bourse européenne qui offre le meilleur potentiel ?Jean-Luc Buchalet. - Pour répondre, il convient de regarder le PER 2001 et de compléter le tableau en le confrontant à la croissance des bénéfices et du courant de révisions de ceux-ci intervenues ces trois derniers mois Pour l'indice DJ Euro Stoxx 50 le PER 2001 ressort à 22,1, la croissance des BPA est de 0,2 % après avoir été réduite de 4,1 % au cours des trois derniers mois. L'Allemagne et la France, avec des PER respectifs de 23,7 et de 23, s'inscrivent au-dessus de la moyenne mais la France conserve une croissance des BPA de 11,4 %, après une révision en baisse de 4,6 % alors qu'outre-Rhin le recul des BPA atteindra 7,7 % après une révision drastique de 7,5 %. Sur les autres places qui comptent dans la zone Euro, on note de meilleures perspectives en Europe du Sud, qu'il convient donc de privilégier dans les mois à venir, avec l'Italie (PER : 22, croissance des BPA : 8,9% après une révision de 0,3 %) et l'Espagne (20,1 ; 11,6% et - 0,3%). On le voit, avec la forte différentiation des indices, la convergence des Bourses n'est pas au rendez-vous de l'Euro.Le DAX n'est-il pas affaibli par la forte part de valeurs industrielles qui entrent dans sa composition ?Le DAX 30 est en effet le plus sensible au ralentissement économique car c'est l'indice qui fait la plus grande part aux valeurs industrielles. Cela le fragilise et conduit à se montrer négatif sur le potentiel de rebond à court terme du DAX. A l'opposé, en Italie et en France, les indices phares dépendent largement de la technologie, ce qui leur a permis de bénéficier plus que d'autres du fort rebond des valeurs TMT.Attendez-vous une décorrélation boursière de l'Europe et des Etats-Unis ? Les mois qui viennent continueraont d'être pénalisés par un courant de révisions baissières moins fort en Europe qu'aux Etats-Unis. Mais, partout, le rebond semble s'essouffler. Toutefois, il convient de distinguer l'économie traditionnelle, qui devrait profiter de la baisse de volatilité des cours, parvenue à un niveau historiquement faible. Alors que les valeurs de la nouvelle économie, dont le poids est redescendu à 40 % de la pondération des indices en Europe, connaissent au contraire une volatilité record. Le Nasdaq au premier plan, le CAC 40 et le MIB 30 au second, en ressentiront les conséquences.Propos recueillis par Christophe Tricaud

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