Quand le pirate se fait garde-côte...

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Baptisé IPShop, le programme de John Traper - alias "Captain Crunch" - est un super "firewall" destiné à empêcher les pirates de pénétrer dans les systèmes. Les premiers essais doivent se dérouler ce mois-ci en Californie, avec la bénédiction d'un jeune entrepreneur, Daniel Baggett, 29 ans. "Une partie de ma mission est de protéger Captain Crunch, explique celui-ci. Il a joué un rôle énorme dans les débuts de l'ordinateur individuel et c'est presque un crime qu'il n'ait jamais pu en tirer les fruits."Aujourd'hui âgé de 57 ans, le visage encadré d'une barbe qui lui donne des airs de vieux baroudeur des Mers du Sud, John D. Traper a commencé sa carrière bien avant qu'on parle de pirates ou de high-tech. Le coup qui l'a rendu célèbre remonte à... 1971 alors qu'il était encore étudiant en Californie. Passionné de technologie, il avait trouvé un moyen de passer gratuitement des appels téléphoniques en émettant un signal trompant les systèmes des grandes compagnies. L'arme du crime : le sifflet-cadeau offert à l'époque avec les boîtes de céréales "Cap'n Crunch"! D'où ce surnom qui lui colle depuis à la peau. Cette prouesse lui vaudra mille aventures et péripéties. Tout d'abord, il est approché par Steve Jobs et Stephen Wozniak, bien avant qu'ils créent "Apple Computer". Les deux hommes sont fasciné par l'exploit de Traper qui, sur sa lancée invente un programme qui permet de téléphoner gratuitement. Mais le FBI finit par l'arrêter. De prison, Traper se recase alors dans les ordinateurs individuels, qui commencent à voir le jour, et il met sur pied EarlyWriter, le tout premier traitement de texte d'IBM pour PC en 1981. Son succès lui vaudra plus tard de devenir millionnaire mais "Captain Crunch" ne peut pas s'empêcher de pirater : il "retombe" plusieurs fois, alternant les séjours en prison et les emplois dans la Silicon Valley. Après avoir possédé une luxueuse résidence à Hawaï, il devient aussi sans-abri au Mexique, se fait tabasser dans une prison de Pennsylvanie et plus tard, sur une autoroute du Texas, se fait voler l'ordinateur portable qui contient le seul exemplaire de sa biographie! Après avoir décidé de faire le tour du monde, il monnaie partout où il le peut ses talents - y compris à Goa, en Inde, où en 1999 il passe six mois à installer un site Internet. De retour, il décide de créer ShopIP. "Mes yeux se sont ouverts, confie aujourd'hui le "capitaine". Je me suis rendu compte que je pouvais facilement repayer ma dette à la société pour les dommages du passé..."Convaincu que sa volonté de repentir était réelle, Daniel Bagett, qui connaissait Draper de réputation, l'a pris sous son aile. Le "Capitaine Crunch" a-t-il enfin trouvé son port d'attache? "Ce n'est pas facile de vivre avec la légende qui me poursuit aujourd'hui. Mais je ne suis pas un mauvais gars. Je regrette seulement qu'on me traite un peu comme le renard qui garde le poulailler..."

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