CoBarter veut développer l’échange-marchandises en ligne

Après le déstockage, l'échange-marchandises en ligne va-t-il devenir pour les entreprises une nouvelle méthode de gestion alternative des stocks et de la trésorerie ? Conforté tout à la fois par le succès de son activité offline - lancée en Belgique en 1995 et qui revendique aujourd'hui un millier d'entreprises utilisatrices - et par le lancement aux Etats-Unis de plusieurs sites fondés sur ce modèle - comme BigVine ou BarterTrust -, la société Efficio vient de lancer CoBarter, une plate-forme d'échange-marchandises 100% en ligne. Le principe de base est simple : l'entreprise souhaitant pratiquer un échange publie sur le site le descriptif des marchandises qu'elle souhaite échanger. CoBarter, qui joue le tiers intermédiaire, lui octroie un crédit en "CoBarterEuro", une monnaie virtuelle qui lui permet ensuite d'acheter les produits ou services dont elle a besoin.Efficio joue donc le rôle de partenaire de facturation et se rémunère par une commission de 5% à l'achat comme à la vente. Pour ne pas rebuter les entreprises n'ayant jamais recouru au "barter", le site a préféré ne facturer aucun abonnement ni frais de transactions. Le site a trouvé ses pionniers parmi les utilisateurs des services offline d'Efficio, parmi lesquels Budget Rent-a-car, Château-Online ou plusieurs chaînes d'hôtels. Mais le service intéresse aussi des transporteurs, imprimeurs, etc. Au-delà de la gestion des stocks et des invendus, CoBarter attribue à l'échange marchandise plusieurs utilisations potentielles pour les entreprises. Financière, bien sûr, puisque l'entreprise paie des achats avec ses propres produits, dont la valeur sur le marché est nettement supérieure à leur coût. Mais le barter peut aussi servir une politique de marketing, en favorisant le placement de produits auprès de nouveaux utilisateurs ou les contacts "B2B". Efficio, qui a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 25 millions de francs, mise sur CoBarter - dont le développement a été autofinancé - pour réduire de 20% ses coûts fixes tout en doublant son taux d'accroissement de nouveaux clients. "Nous avons résisté longtemps aux sirènes du Net, assure Eric T'Scharner, fondateur d'Efficio. Mais notre activité offline était bénéficiaire dès la première année. Nous pensons donc que le site peut nous permettre d'augmenter notre marge brute, en accroissant le nombre des entreprises utilisatrices et le nombre des transactions, et en abaissant les coûts de traitement".CoBarter se prépare cependant à une année "d'évangélisation" avant d'atteindre sa vitesse de croisière. Et mise notamment sur une communication ciblée avec les chambres de commerce et les associations professionnelles, qui débutera très prochainement. "Aujourd'hui, nous réalisons pour 50% un métier d'intermédiaire financier, pour 50% une activité de conseil, explique Eric T'Scharner. Nous voulons être de plus en plus financier et de moins en moins conseil". Une stratégie validée par l'exemple américain, puisque BizVine compte en effet AmericanExpress parmi ses actionnaires. M.A.

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