Access2Net a vite appris... la patience

" L'année 2001 sera difficile sur un plan économique, mais sera bonne pour les investisseurs en capital-risque ". Pour Pierre-Yves Dargaud, président d'Access2Net, le réalisme n'empêche pas l'optimisme. " Nous sommes là pour faire des plus-values, et les plus-values se préparent lors de l'entrée au capital d'une société. La baisse des valorisations, proportionnelle à celles du Nasdaq et du Nouveau marché fait de la période actuelle un excellent moment pour investir ". A l'heure où les marchés de valeurs technologiques testent leurs plus bas sur trois ans et où les faillites de start-up se poursuivent, Access2Net n'entend donc pas se laisser aller à la morosité. " Je ne connais pas d'exemple de projets méritant d'être financés qui n'aient pas trouvé d'argent. Simplement, le cycle de décision des investisseurs est plus long", explique Pierre-Yves Dargaud.Créé par l'agence Web Fi System en février 2000, doté de 11 millions d'euros à l'époque (complétés par un million supplémentaires levés en octobre), Access2Net souffre peu des déboires boursiers de sa maison-mère : Fi System ne possède que 33% du capital, le reste étant partagé entre 105 actionnaires individuels, dont de nombreux cadres de Fi System. La stratégie est assez claire : " nous recherchons des investissements situés autour d'un million d'euros, en amorçage, pour prendre environ 15% du capital de l'entreprise, explique Pierre-Yves Dargaud. Avec un grand principe de base : il n'est pas question de payer cher ! " Les domaines d'investissement privilégient les technologie et les modèles click & mortar et n'excluent pas de s'écarter d'Internet pour toucher les télécommunications. Une stratégie que reflète bien le portefeuille d'Access2Net, même si ses deux premiers investissements - par ordre chronologique - montrent que la société n'a pas échappé, à ses débuts aux sirènes du B2C pur et dur : Le Spot, site d'achat groupé, est aujourd'hui fermé, et Discountis, spécialisé dans le crédit immobilier en ligne, est loin de tenir ses promesses. Heureusement, " la société a bouclé une importante levée de fonds avant l'e-krach et dispose des capitaux suffisants pour tenir jusqu'à la fin du premier trimestre 2002 ", précise Pierre-Yves Dargaud.Parmi les autres participations figurent notamment Navigaïa, tour opérator diversifié dans la commercialisation en ligne de produits de location de vacances, Cofisem, fournisseur d'informations financières sur les entreprises cotées, M-SAT, qui commercialise en ligne des images satellites, OTOObe, un éditeur de logiciels spécialisé dans la publication de contenus en ligne, ou encore Selling Vision, qui commercialise en mode ASP (fourniture de services applicatifs) des logiciels d'administration de force de vente." Nous avons investi environ 50% de notre capital, et la moitié de ces investissements portent sur trois lignes - OTOObe, Cofisem et Navigaia -, précise Pierre-Yves Dargaud. Nous prévoyons de réaliser quatre ou cinq investissements en 2001, toujours autour d'un million d'euros. Mais si nous n'en faisons qu'un ou deux, ce ne sera pas très grave ". Car le président d'Access2Net, comme beaucoup d'acteurs du secteur, souligne désormais qu'investir en capital-risque, " c'est investir à 3,4 voire 6 ou 7 ans. Il ne faut sacrifier ni à la mode, ni au court-terme. Il faut parfois avoir le courage de laisser passer un beau dossier ". Une sagesse affichée qui se retrouve aussi dans les projets de développement : l'internationalisation, annoncée dès l'an dernier, n'a pas encore eu lieu. " Nous avons beaucoup travaillé sur le Royaume-Uni, mais nous avons dû différer nos projets de six mois, explique Pierre-Yves Dargaud. Parmi les autres projets évoqués figure la reprise de participations, " pourquoi pas chez des business-angels déçus... ". Et, quand même, une nouvelle levée de fonds, d'environ 15 millions d'euros. Car Access2Net sait qu'il aura besoin de capitaux pour attendre " Il ne serait pas logique que nous engrangions du cash en 2001. En 2002, en revanche, nous pouvons espérer encaisser des plus-values et dégager un cash-flow positif. " Un optimisme tempéré : " nous aurons sans doute un taux de sinistre correspondant à celui du marché ". Marc Angrand

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