eAuctionRoom, salle d'enchères virtuelle, ne craint pas les grandes maisons

Costumes de Père Noël, engins de transport, oeuvres d'art, matériel de cuisine, reproductions géantes d'organes humains : le catalogue de la vente aux enchères des matériels du Dôme du Millénaire, à Londres, tient du Prévert. Il est pourtant suffisamment sérieux pour susciter l'espoir de recettes non négligeables : 20 à 50 millions de francs minimum pour les 15.000 lots mis en vente, selon la maison Henry Butcher, qui dirige les enchères... et la société eAuctionRoom qui les retransmet en direct sur son site, permettant aux amateurs d'enchérir en direct. eAuctionRoom, société française comme son nom ne l'indique pas, a été créée il y a un an par Frédéric Thut et Dan Coissard, deux professionnels ayant chacun 20 ans d'expérience dans les enchères ; ils ont été rejoints depuis par Lord Mark Poltimore, ancien deputy-chairman de Christie's. Le site permet non seulement de consulter en ligne les catalogues des ventes, mais aussi de s'inscrire pour enchérir et laisser des ordres d'achats, d'assister à la vente retransmise en vidéo en direct, et éventuellement de remporter des lots. Depuis mars 2000, eAuctionRoom a retransmis 220 ventes organisées par quelque 50 maisons de ventes en Europe, portant sur des ventes de vins aussi bien que sur des tableaux ou les matériels de l'expostion universelle de Hanovre. "Seul eBay essaie de nous concurrencer directement, mais le groupe n'a retransmis pour l'instant qu'une seule vente", précise Laurent Sorbier, directeur général de la société. La comparaison avec le géant américain des enchères entre particuliers est inévitable. "Le modèle C2C [client à client] a des limites, estime Laurent Sorbier, ancien de Spray. Chez eAuctionRoom, le panier moyen atteint 12.000 francs, contre 20 dollars chez eBay. Et les vendeurs profitent des avantages des ventes 'réelles'. Ainsi, 80% des objets mis aux enchères sont effectivement vendus, contre 50% seulement sur un site 100% online". Autre différence : pour participer une enchère réelle, l'internaute doit s'inscrire à l'avance et déposer une caution. La société ne s'inquiète donc pas outre mesure de l'intensification de la concurrence. "Nous sommes sereins, assure Laurent Sorbier. Christie's et Sotheby's évoquent des projets mais ne les ont pas encore mis en oeuvre. Quand à l'apparition de nouveaux acteurs, elle est peu probable : ce métier nécessite des liens étroits avec les commissaires-priseurs".eAuctionRoom, entièrement gratuit pour l'enchérisseur, met en avant son modèle économique purement B2B : "nos clients sont les maisons de vente, souligne Laurent Sorbier. Nous leur facturons des honoraires fixes pour la mise en ligne des catalogues, la retransmission audio et vidéo et la mise à disposition de la plateforme d'enchères en direct". A celà s'ajoutent des commissions de 2 à 5% perçues sur les achats réalisés via le site. Malgré son assurance face au puissant eBay, eAuctionRoom reste discret sur ses résultats : la société ne communique pas le chiffre d'affaires réalisé au cours de sa première année d'activité, se contentant d'évoquer des volumes d'échanges et un trafic "en constante augmentation". Elle vise cependant la rentabilité pour le début de l'an prochain, un cap qu'elle prévoit d'atteindre sans nouvelle levée de fonds, après les deux premiers tours de financement réalisés à la création, puis en juillet dernier. Les principaux actionnaires de l'entreprise sont NetDiscovery (fonds de la Compagnie Financière Edmond de Rotschild), Innovacom et Euris, holding du groupe Casino.Marc Angrand

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