Polémique autour du sort d'AOM/Air Liberté

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Les salariés d'AOM/Air Liberté, dont les actionnaires s'accusent mutuellement d'avoir provoqué la débâcle, attendent la décision mardi du tribunal de commerce de Créteil sur un mise en redressement judiciaire ou une liquidation immédiate, cette dernière hypothèse paraissant toutefois improbable.Depuis que les deux compagnies aériennes ont déposé leur bilan vendredi, leurs actionnaires, le groupe Swissair et Ernest-Antoine Seillière au travers de sa holding Marine-Wendel, se rejettent mutuellement la faute, sans épargner le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot.Depuis le 2 avril, les deux actionnaires ont arrêté de financer la compagnie, ce qui a conduit au dépôt de bilan. Ernest-Antoine Seillière, par ailleurs président du Medef, a accusé le groupe Swissair et le ministre des Transports d'avoir "provoqué et accéléré la débâcle" du pôle aérien. Le groupe suisse a simplement rejeté ces allégations, tandis que Jean-Claude Gayssot a renvoyé la responsabilité de la "désastreuse gestion" d'AOM/Air Liberté à tous ses actionnaires.Les syndicats de la compagnie aérienne, qui ont accueilli sans surprise l'annonce d'un dépôt de bilan qu'ils savaient imminent depuis plusieurs jours, tentent quant à eux de sauver les meubles, tout en attendant la décision du tribunal de commerce de Créteil.Ainsi, ils ont exclu tout recours immédiat à la grève, afin de poursuivre l'exploitation et de ne pas précipiter la cessation de paiement.Mardi, ils seront reçus au ministère des Transports, afin de tenter de dessiner un avenir pour l'entreprise, et de favoriser le reclassement des salariés qui devraient malgré tout la quitter.Selon eux, la compagnie peut vivre sur sa trésorerie jusqu'au 7 juillet environ. "Nous devons tout faire pour écarter la liquidation, qui serait une absurdité au plan humain autant qu'industriel", affirme M. Gayssot dans l'Humanité de lundi.Deux déclarations de cessation de paiement ont été déposées au Tribunal de commerce, l'une au nom d'Air Liberté et l'autre au nom d'Air Liberté/AOM, l'ancienne compagnie AOM. La compagnie Air Liberté avait déposé une première fois le bilan en 1996, ce qui avait débouché sur un plan de continuation dont elle fait toujours l'objet. En cas de nouveau dépôt de bilan, une société ne peut, en principe, bénéficier d'un autre plan de continuation, les seules solutions étant alors un plan de cession ou une liquidation judiciaire.Toutefois, au vu du caractère social de l'affaire, le tribunal de commerce aurait la possibilité "d'inclure une dérogation et de permettre un plan de continuation" pour la compagnie Air Liberté, a estimé samedi Alain Blanc-Brude, membre du conseil de surveillance du pôle aérien.Quoi qu'il en soit, seule l'intervention de nouveaux investisseurs peut permettre une poursuite de l'activité des compagnies. Mais, la confusion et l'opacité règnent sur leurs intentions exactes et leur nom: la compagnie aérienne pourrait être rachetée partiellement ou entièrement par ses propres salariés, l'alliance Nouvelles Frontières-Preussag, le britannique Easy Jet, la société foncière française FIDEI, le groupe de conseil londonien AITI Holding, voire d'autres encore.avec AFP

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