MPO Online fait le pari de la personnalisation de masse

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Première entreprise en France à avoir gravé un disque compact (c'était en 1984), le groupe familial mayennais MPO, fournisseur de la plupart des grands éditeurs, se lance aujourd'hui dans un nouveau pari risqué : celui du CD à la demande. Après avoir fabriqué des millions de 33 tours, 45 tours, cassettes audio et CD, le groupe, fondé en 1957, veut donner aux portails et aux sites spécialisés la possibilité de permettre aux internautes de constituer eux-mêmes le sommaire de leurs disques compacts. A l'origine du projet MPO Online, la rencontre, sur le Midem 1999, entre Loïc de Poix, directeur général du groupe, et les frères Philippe et Laurent Thorel, créateurs en 1996 d'un site d'édition musicale en ligne. Le rapprochement des compétences et l'observation des expériences américaines de MusicMaker et imix, conduit les partenaires à se lancer dans l'aventure ensemble. Après 18 mois et une vingtaine de millions de francs de développement, MPO Online a lancé fin 2000 ses premières expériences grandeur nature sur le marché français. Avec un certain succès : le fichier clients de l'éditeur EPM, spécialiste de la chanson française, a généré un taux de retour de 6% à Noël et de 30% pour la St-Valentin. En avril, Alapage a lancé à son tour une offre, en proposant à ses visiteurs de constituer leur propre sélection des chansons de Charles Trenet sur un peu plus d'une centaine de titres. Le produit s'est classé parmi les cinq meilleures ventes d'Alapage dès son lancement en avril. " MPO Online est un bon moyen, pour les éditeurs, de commencer à apprendre comment se comporte le consommateur quand on lui donne le choix, souligne Philippe Thorel. Ces expériences montrent que le produit a un sens et notamment que le support CD est loin d'avoir perdu son intérêt. " Pour preuve, RealNetworks, champion de la musique " dématérialisée " sous forme de fichiers au format MP3, s'intéresse au projet de MPO et envisage d'inclure quelques CD à la demande dans sa future offre de musique en ligne par abonnement. MPO a déjà signé des accords avec trois des cinq " majors " du disque, BMG, EMI-Virgin et Warner et de nombreux indépendants, tandis que des discussions sont en cours avec Sony et Universal. " Nous nous présentons auprès des éditeurs comme un tiers de confiance, explique Philippe Thorel. Les 44 ans d'expérience de MPO, ses relations anciennes avec les éditeurs, la SACEM, font la différence : nous n'avons pas besoin de montrer patte blanche. Or la difficulté consiste à obtenir simultanément l'accord des éditeurs et des artistes ". Les accords signés portent actuellement sur 10.000 titres, mais il n'est pas question de proposer aux internautes de choisir dans la totalité de ce gisement : MPO-Online et ses partenaires distributeurs construiront des offres thématiques, permettant de composer son CD dans le cadre d'une pré-sélection, de 150 titres au maximum. La gestion des commandes s'effectue ensuite sur le modèle " B2B2C " : le bon de commande électronique, rempli sur le site des partenaires parvient directement à MPO. La gravure est ensuite entièrement automatisée. " Nous avons automatisé des process qui permettent de faire de la personnalisation de masse ", résume Philippe Thorel. Pas question d'en dire plus : MPO veille jalousement sur ses secrets de fabrication. Même si le groupe s'est doté d'une plate-forme logistique, les produits finis sont le plus souvent livrés aux partenaires B2C, qui gèrent expédition et facturation. MPO Online encaisse généralement 30% du prix de vente, tout comme le vendeur. Les 40% restants vont aux ayant-droits. MPO Online, qui vise le cap des 500.000 unités d'ici février 2002, table sur 3 millions de CD à la demande au cours de la troisième année d'activité. D'ici là, la société espère avoir divisé ses coûts par deux, ce qui lui permettra d'investir dans de nouveaux modes de distribution (comme les bornes interactives), et dans de nouveaux produits. " Les graveurs de DVD arrivent déjà sur le marché, note Philippe Thorel. Alors pourquoi pas des DVD à la demande ? ". Marc Angrand

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