Versata, ou l'e-business contre vents et marées

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Etoile montante du Nasdaq il y a un an, après son introduction, Versata, spécialiste des applications de gestion destinées aux sites Web B2B, a aussi connu l'enfer : son cours de Bourse, qui avait approché les 80 dollars en mars 2000, est tombé fin mars tout près de 0,20 dollar. Fondée en 1995, Versata est aujourd'hui l'un des principaux éditeurs de composants pour les applications de gestion. En clair, ses produits s'intercalent entrent les serveurs et les applications faisant fonctionner les sites Web d'entreprises. En mettant en place des règles commerciales définies par le client, ils visent à simplifier le développement et les modifications des sites afin de réduire les coûts et les délais de mise en service. Les solutions de l'entreprise visent en priorité les grands comptes, puisque la mise de départ se situe aux environs du million de francs. Parmi ses clients français figurent ainsi France Télécom, Cegetel, JCDecaux et Groupama." Notre activité est fortement liée au marché des serveurs d'application, dont la taille devrait passer de 1,6 à 9 milliards de dollars entre 2000 et 2003 ", souligne Philippe Jalfre, directeur général pour la France, où Versata est présent depuis la fin 1999. Mais en attendant la concrétisation de ces prévisions, ce marché subit actuellement la baisse des investissements technologiques des entreprises : au premier trimestre, les ventes mondiales de serveurs ont ainsi reculé de 2%, selon Gartner-Dataquest. Principal pilier de la stratégie commerciale : un partenariat avec IBM, qui a généré 30% du chiffre d'affaires au dernier trimestre 2000. Sur l'ensemble de 2001, l'objectif de la société est de réaliser la moitié de ses ventes via " Big Blue ", en augmentant fortement sa présence en Europe. Même si elle affiche toujours son optimisme, Versata a beaucoup souffert ces derniers mois. " Nous avons changé de modèle économique, sous la pression de notre environnement ", résume Philippe Jalfre. En clair, la priorité n'est plus à la croissance à tout prix, comme cela a été le cas en 2000, mais à la rentabilité. La croissance est de toute façon nettement plus difficile à réaliser : le chiffre d'affaires 2000 a atteint 56,6 millions de dollars (contre 12,6 en 1999), au lieu des 75 millions attendus. " Cette année, nous tablons sur un chiffre d'affaires légèrement supérieur à celui de l'an dernier, mais nous n'excluons pas de revoir cet objectif à la baisse ", précise le directeur général France. En mars, le groupe a annoncé la suppression de 30% de ses effectifs, soit 200 postes environ.L'ambiance a changé aussi chez les clients : alors que l'an dernier, de nombreux projets d'e-commerce étaient lancés sans même l'accord des directions informatiques, celles-ci ont repris la main, dans un effort de rationalisation des investissements. Sur le Nasdaq, l'action Versata a remonté ces dernières semaines une partie de la pente dévalée en mars. Mais à 1,27 dollar l'action, rien n'est gagné. Si le chiffre d'affaires a progressé de 9% au premier trimestre, la perte, plombée par le coût des restructurations, a augmenté de 17%. Signe d'espoir : la part des services dans le chiffre d'affaires continue d'augmenter. Marc Angrand

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