Regain de spéculation autour du Crédit Lyonnais

Difficile d'y voir clair dans la stratégie des "actionnaires partenaires" du Crédit Lyonnais. Vendredi, les spéculations sur l'attitude des uns et des autres ont repris de plus belle sur fond d'opposition entre les assureurs Axa et Allianz. Les deux concurrents détiennent respectivement 5,4% et 6,2% du capital de la banque française, mais Allianz pourrait porter sa participation à 9,8% en cas de fusion avec Dresdner.Mais, pour le président du directoire d'Axa, les choses ne sont pas aussi simples. Interrogé jeudi par Le Monde, Henri de Castries a déclaré avoir "constaté avec étonnement que certains avaient la tentation d'additionner les voix d'Allianz et de Dresdner. Or le cahier des charges qu'ont signé les actionnaires du GAP prévoit explicitement un gel des participations jusqu'en juillet 2001". Une façon de dire qu'Allianz pourrait être contraint de revendre les titres acquis par le biais de la fusion avec Dresdner, ce qui laisserait les rapports de force en l'état entre les deux assureurs.Cette passe d'armes, interprétée par certains comme le coup d'envoi de la bataille pour le contrôle du Crédit Lyonnais, ne laisse pas indifférent le marché boursier. Vendredi, l'action du Crédit Lyonnais a grimpé de 4,07% à 43,52 euros, s'adjugeant la deuxième meilleure performance du CAC 40. Depuis le début de l'année, elle gagne 17% alors que l'indice Stoxx du secteur bancaire est quasiment inchangé (+0,8%). Le mouvement pourrait même s'amplifier dans les prochaines semaines, à mesure que se rapprochera la disparition, le 8 juillet 2001, de la clause d'incessibilité des actions détenues par les membres du groupe des actionnaires partenaires (GAP).Mais l'attrait spéculatif du titre ne séduit pas tous les analystes. Pour Nathalie Tarnaud, qui suit la valeur chez Aurel-Leven, "le GAP devrait se prolonger selon les nouvelles règles prévues lors de la privatisation. L'absence d'un véhicule coté pour le Crédit Agricole est, selon nous, de nature à retarder une prise de contrôle à 100% du CréditLyonnais par le groupe mutualiste. Nous pensons, par ailleurs, qu'une prise de contrôle du Crédit Lyonnais par Allianz, un groupe étranger, est peu probable à court terme. La montée en puissance d'Allianz au sein du GAP permettra, en revanche, au groupe allemand de contrebalancer le poids du Crédit Agricole et de renforcer ses partenariats avec le Crédit Lyonnais". Quant à Axa, sa position semble relativement clair. "Primo, nous ne pouvons prolonger notre participation au GAP que si nous pouvons conclure des coopérations commerciales concrètes avec le Crédit lyonnais. Secundo, ne plus faire partie du GAP ne signifie pas que nous soyons vendeurs de notre participation", a indiqué Henri de Castries au Monde. Beaucoup de bruit pour rien ?latribune.f

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