Usinor dégringole au lendemain de ses résultats trimestriels

La visibilité continue de se dégrader pour Usinor. Au cours des deux derniers jours, le sidérurgiste français a été confronté à une véritable pluie de mauvaises nouvelles, qui se traduit mercredi soir par une chute de 11,09% de son action, à 13,47 euros. Premier épisode, Usinor a annoncé mardi matin des résultats trimestriels en fort repli. Sur les trois premiers mois de l'année, le groupe français a vu son bénéfice net divisé par plus de deux, à 78 millions d'euros contre 166 millions un an plus tôt. Usinor a imputé ce recul à la nette baisse de la demande en acier, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. Dans cet environnement dégradé, Usinor ne prévoit pas de hausse des prix avant le quatrième trimestre et devrait accuser "une baisse sensible" de son résultat avant impôts.Usinor a annoncé dans la foulée, au cours d'une conférence téléphonique avec des analystes, qu'il n'atteindrait pas ses objectifs de réduction de coûts cette année. Il prévoyait auparavant de générer 200 millions d'euros d'économies en 2001. D'après un analyste interrogé par Reuters, Usinor devrait par ailleurs subir une charge opérationnelle de 120 millions d'euros due à la fermeture du haut fourneau de Dunkerque, prévue pour deux mois cet été.Hier soir, enfin, Usinor a pris connaissance d'une initiative de la présidence des Etats-Unis qui rique bien d'obscurcir un peu plus ses perspectives de vente sur le territoire américain. George W. Bush a en effet demandé à la commission américaine du commerce international d'engager une enquête sur le marché de l'acier. Celle-ci doit établir si les sidérurgistes américains sont ou non victimes d'importations d'acier à des prix de dumping.Cette enquête, qui se fonde sur la section 201 de la loi sur le commerce de 1974, pourrait aboutir à la mise en place de barrières tarifaires à l'encontre des importations, ou, plus radical encore, à l'instauration de quotas. La commission du commerce intenational a 180 jours pour faire ses recommandations. Le président aura par la suite un nouveau délai de 60 jours au cours duquel il entérinera, rejettera ou modifiera ces recommandations.Si les actions des fabricants américains d'acier se sont envolées hier soir à Wall Street dans la perspective d'une concurrence amoindrie, l'effet est strictement inverse pour les sidérurgistes européens. A côté d'Usinor, le britannique Corus a perdu 12,89%, le luxembourgeois Arbed 8,06% et l'espagnol Aceralia 6,23%. Ces deux dernières sociétés sont engagées dans un processus de fusion avec Usinor.latribune.f

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